Ce temple est un cadeau, merci !

Certains événements commandent l’humilité en même temps que l’émotion. Il convient alors de se laisser emporter par le moment, perdre le contrôle de soi, dépasser le niveau de l’exégèse et du commentaire. Sur la devanture du nouveau temple saint-pierrois dédié à Guandi, cette posture se fait naturelle et obligée. Sur les visages de tous ceux qui assistent à cette consécration, sourires, « tranches papaye » et selfies multi-angles sont la juste mesure de l’importance de l’instant. Chacun a le sentiment de participer à l’écriture d’un nouveau chapitre de l’histoire réunionnaise.
Je tente alors de me mettre à la place de tous ces Vénérables qui ont connu les soubresauts d’une histoire vieille de plus de trente ans ! Le rêve devient enfin réalité, et cela n’est pas qu’un simple adage littéral. Ils sont tous là, les regards heureux mais aussi perdus dans les limbes du temps, certainement à se remémorer le moment de l’acquisition de ce terrain vague, dans les années 80, et les longues discussions passionnées qui ont suivi pour savoir quel projet y mettre…
Je perçois la fierté modeste et discrète, celle du devoir accompli, de la génération d’après. Eux à qui les Vénérables ont confié les clés du projet et qui ont été missionné pour que sorte de cette terre vague leur vision cultuelle et sa charge symbolique. Ils ont totalement réussi à transcender ce rêve, au prix d’innombrables efforts et de dons de soi qui mériteraient déjà une stèle commémorative !
Je saisis aussi l’enthousiasme des plus jeunes, qui ont pleinement conscience, en ce jour de consécration, de recevoir un exceptionnel héritage. Il leur appartient désormais de faire vivre, de donner du sens, de partager les valeurs de cette structure unique à La Réunion. Ils détiennent là un terrain d’expression et de fertilisation que les autres générations n’ont pas eues.
Dans la société multicultuelle et multiculturelle qui est la nôtre, la consécration d’un tel lieu s’inscrit forcément dans l’histoire réunionnaise. Au-delà de nos cœurs emballés de ROC (Réunionnais d’origine chinoise), c’est le cœur de La Réunion qui génère désormais ses pulsations arc-en-ciel à Terre-Sainte. En ce jour inaugural, les familles chinoises de toute l’île ont d’ailleurs invité Nadira, Azeez, Santhi, et tous les prénoms de la fraternité réunionnaise. C’est ça La Réunion que nous aimons tous.
À tous ceux qui ont œuvré sur ce temple, je ne peux que dire « merci » pour ce cadeau fait à La Réunion !


