Mohamed Rochdi : “Je n’ai de compte à régler avec personne”

La fusion Sciences de l’éducation et IUFM pour créer les Sciences humaines, c’est apporter de nouveaux outils à l’enseignement ?
Je ne parle pas de fusion, personnellement, je parle d’une proximité de matières. Quand on parle de Sciences de l’éducation, ce sont quand même les métiers de l’éducation. Quand on parle de la formation des maîtres, ce sont aussi des métiers de l’éducation.
Votre objectif, c’est la mutualisation des Sciences de l’éducation et de l’IUFM ?
Je pense qu’il y a matière à mutualiser, dans un esprit global et de mise en cohérence de ces formations, tout en gardant leurs spécificités. L'une pour les métiers de l’éducation notamment pour la formation de l’adulte avec ce qu’on connaît sur le territoire, avec par exemple la lutte contre l'illettrisme. L'autre les métiers de l’enseignement, ici on peut citer le premier degré.
Il y a possibilité de créer une synergie ?
Oui, je crois en cette synergie, je souhaite la provoquer. Il y a aujourd’hui parmi les enseignants chercheurs des Sciences de l’éducation, beaucoup de collègues qui sont convaincus de la nécessité de créer cette synergie, et au delà, également ceux qui sont dans le domaine des Sciences humaines et sociales de manière générale.
Quels en seraient les avantages ?
Les élèves sont de plus en plus ouverts à plusieurs disciplines, l’idée serait de mettre en commun des spécialistes de plusieurs disciplines et matières, de façon à enrichir le cursus de formation des maîtres et des formateurs aux métiers de l’adulte, et donc de leur permettre d’être encore plus performant dans le futur.
Qu’est-ce qui explique le climat actuel au sein des sections des Sciences de l’éducation ? Il y a un manque de communication entre vous et les étudiants ?
Non, personnellement, je n’en suis pas convaincu. J’ai déjà fait une assemblée générale, j’ai organisé une réunion avec les enseignants et les enseignants-chercheurs de ce domaine, il y a eu une rencontre à l’IUFM. Je communique sur ce sujet.
Il y a tout de même des craintes ?
Qu’il y ait des craintes aujourd’hui, je pense que c’est normal, avec l’avènement de cette agence d’évaluation, il y a une nouvelle façon d’évaluer sans doute un peu plus stricte, une peu plus réglée par rapport à avant, ce sont ces craintes là que j’essaye de lever.
Je dis aux intéressés qu’il n’y aura aucune formation qui sera complètement morte. Il y aura d’autres formations aussi performantes à la rentrée prochaine, si les spécialistes de ces domaines voulaient vraiment se donner la peine de s’y mettre.
Ce projet de réforme, ce n’est donc pas un règlement de comptes ?
Non ce n’est absolument pas un règlement de comptes, je n’ai compte à régler avec personne. Je vous assure que depuis mon élection, et je l’ai démontré avec ce que l’on appelait mes adversaires d’hier qui ont été appuyés et soutenus.
Sur une île comme celle de La Réunion, vu le contexte socio-économique que l’on connaît tous, avec les carences qu’il y a dans les métiers d’adultes et d’éducation ou l’illettrisme, ce serait aberrant de se mettre dans des espèces de règlements de comptes. Mon envie, c’est d’avoir des formations qui répondent à la fois aux besoins de La Réunion et que celles-ci soient de qualité.
Et les critères d’évaluation, nous devons les respecter et nous devons y répondre.


