Présidentielles : Le match est truqué

- Les règles du jeu ont été bidouillées.
En effet, la loi organique du 25 avril 2016 dite hypocritement de « modernisation des règles applicables à l’élection présidentielle » relève de la république bananière. Elle a mis au point divers stratagèmes visant à ce que seuls les grands partis possèdent le ballon et mènent le jeu.
Dans le même temps, d’autres candidats tout aussi compétents sinon plus, avec des programmes, des parcours, et des expériences de la vie qui méritaient d’être connus, sont interdit d’entrer sur le terrain … Dans cette partie de dupe, l’égalité des candidats, le pluralisme politique, la liberté d’expression ont été piétinés.
- De plus il y a tricherie sur les temps de parole :
C’est évident ! Imaginez par exemple, que Mélenchon ait bénéficié de la même campagne de promotion que Macron : des pages dans le journal de Monsieur Dassault (Paris Match) ; des heures sur les chaînes d'info de Bolloré, BFM & Co vantant ses mérites. Et imaginez que tout l’été dernier, la presse people ait traité Mélenchon de la même manière que Macron ; c’est-à-dire comme une star du showbiz affichant son meilleur profil dans tous les kiosques et à la devanture de tous marchands de journaux de France, et des DROM. (Départements et Régions d’Outre Mer)…
A quel niveau Mélenchon serait-il dans les sondages, si les médias lui avaient accordé le même temps de parole qu’à Macron, et la même publicité ?
Il serait sans doute présent au deuxième tour.
- Autre exemple, encore plus scandaleux : le seul candidat dirigeant un parti, qui au contraire de la caste politique, pouvait se prévaloir d’une expérience d’ouvrier, de chômeur, d’universitaire et d’énarque, a été totalement censuré par les médias nationaux. Pas une seule minute d’interview ! Même pas dans les chaînes publiques que nous payons avec notre redevance. Les Français ne connaîtront pas ses propositions et sa biographie qui pourtant ne manquaient pas d’intérêts…En particulier son projet chiffré pour créer 5millions d’emploi dans les 5 ans.
En fait, dans une dictature, pour rendre un opposant invisible, on le jette au cachot. Dans notre pseudo démocratie, il suffit de le rendre invisible dans les médias de masse. Dans ces conditions : invisible, inconnu, censuré, comment obtenir les fameux 500 parrainages pour jouer la partie ? Heureusement les réseaux sociaux ont permis à une minorité (qui fera bientôt des petits) de connaître Jacques Nikonoff et son programme. Mais encore fallait-il consulter le site « Pardem.org » ou recevoir les mails des militants.
- Toutefois, certains candidats, appelés injustement petits candidats, qui ont eu droit à quelques « miettes » de temps de parole, ont réussi par un travail de titan, à obtenir leurs 500 signatures…Ils ont donc gagné le droit de participer au dernier débat télévisé où la plus part d’entre eux ont montré qu’ils avaient autant de compétences et d’expérience que les soit disant grands candidats. Ces « grands candidats » comme Messieurs Fillon, Macron & Co… ont-ils étés déstabilisés par les « petits candidats » au point de vouloir annuler le deuxième débat déjà programmé ? Si non, qui a supprimé l’émission ? -Leurs maîtres et sponsors, propriétaires des grands moyens d’information ? De quoi avaient-ils peur ? Que leurs poulains gardiens de l’ordre néolibéral ne fassent plus la course en tête ? Ces ultra-riches, marionnettistes du grand guignol des présidentielles, ont-ils déjà choisi notre président à la place du peuple ?
En vérité, cette élection témoigne comme jamais de la déliquescence de la Ve République : sa Constitution et ses institutions, les grands médias, les partis politiques.
Quelle est la légitimité de cette élection présidentielle ?
Faut-il jouer ce match truqué, ou décerner un carton rouge aux tricheurs ?


