JR Mondon, président de la CESR : “Il y a nécessité de modifier la Lodeom”

A votre avis, ces Etats généraux ont-ils mis en exergue les vrais obstacles au développement économique de La Réunion ?
Je pense que les Etats généraux, c’était au départ pour répondre à une crise sociale et sociétale au niveau de l’Outre-mer. Cette crise aurait nécessité d’urgence prise sur le très court terme. Nous constatons aujourd’hui que ces mesures n’ont pas été à la hauteur de ce qu’attendaient les populations de l’Outre-mer. J’ai eu un contact les autres présidents du CESR, ils sont d’accord sur ce point.
A terme à quoi peut-on s’attendre ?
Maintenant en ce qui concerne, une vision à moyen et à long terme, il y a un certain nombre de pistes qui a été évoqué, mais ces pistes on les connaît depuis longtemps. Car avant les Etats généraux, il y a eu les Assises de l’Outre-mer et plusieurs rencontres sur l’Outre-mer. Alors faut-il s’attendre à des décisions qui ne correspondent pas aux attentes de la population, nous irons dans ce cas vers de nouvelles déceptions.
Quelle serait la mesure à prendre pour le développement économique de La Réunion ?
S’il y avait une seule mesure à prendre en terme d’organisation des politiques au niveau de La Réunion voire de l’Outre-mer, ce serait la création d’un outil d’évaluation des politiques publiques. Ce serait un organisme autonome et indépendant, ayant accès aux différentes informations, qu’elles soient au niveau européen, de l’Etat, du Conseil général, du Conseil régional ou des mairies, de manière à pouvoir évaluer la mise en œuvre des politiques publiques à La Réunion.
Ce soir, le Conseil interministériel de l’Outre-mer s’appuiera également sur la Lodeom pour apporter des réponses à l’Outre-mer. A votre avis, cette Loi d’orientation est-elle une bonne base de travail ?
Le Conseil économique et social de La Réunion a été très critique sur la Lodeom. Sur la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures, il y avait des manques. L’organisateur général de ces Etats généraux nous avait dit que s’il y avait nécessité la Lodeom pouvait être modifiée.
Il y a nécessité à modifier cette Loi d’orientation ?
Les nouveaux décrets sont en train d’être soumis à concertation au niveau du CESR. Nous constatons que ce que nous avons craint, est en train de se réaliser, et que les décrets ne correspondent pas à la réalité de l’Outre-mer. Donc, il y a nécessité de changer ou de modifier cette Loi d’orientation, en particulier sur le logement. On voit bien les dégâts actuels.
Nous avons également besoin de déclinaison en matière de construction de logements sociaux. Il faut relancer le bâtiment, on ne peut pas se satisfaire d’avoir autant de licenciements au cours de ces derniers mois. Il faut aussi des mesures en matière de formation.
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