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Vergès, Virapoullé, Sarkozy : au nom du père et du fils !

La probable nomination de Jean Sarkozy, 23 ans, et fils du président de la République, à la tête d’un quartier d’affaires de 150.000 salariés, fait débat. “Serait-il à cette place s’il portait un autre nom ?”, a demandé Ségolène Royal sur RTL. A sa façon, la France est restée une monarchie, et l’île Bourbon en fait partie.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 13 octobre 2009 à 07H39

Quel homme politique n’a pas rêvé – ne serait-ce que quelques secondes – de laisser son siège, sa fonction ou son pouvoir à son fils ou à sa fille ? C’est le fonctionnement “légitime” dans toute monarchie. C’est encore le cas au Maroc ou au Swaziland (une enclave d’Afrique du Sud).

C’est aussi le cas en République démocratique du Congo. Joseph Kabila Kabange a succédé à son père Laurent Désiré Kabila, à la présidence du pays. Hier soir, Ali Bongo est devenu officiellement le nouveau président du Gabon, à la place de son père Omar Bongo, décédé. En Syrie, c’est Bachar El Hassad qui occupe le fauteuil de son défunt père, Hafez El Hassad…

A La Réunion, petit bout de terre appartenant au continent africain, ce rêve ou ce besoin a contaminé un certain nombre d’élus. Roland Robert (La Possession), Jean-Louis Lagourgue (Sainte-Marie), Maurice Gironcel (Sainte-Suzanne), Gilbert Annette (Saint-Denis)…

Les deux exemples les plus révélateurs de ce système hérité de la monarchie, sont bien sûr Jean-Paul Virapoullé et Paul Vergès. Ces deux hommes ont construit au moins une partie de leur carrière politique autour de leur succession.

Ainsi, Jean-Marie Virapoullé est resté dix ans, président de la Cirest sans la moindre contestation, un record en soi. Aujourd’hui, Pierre Vergès est PDG de la SR21 (tram-train) et de l’IRT (Ile de La Réunion tourisme), entièrement financées par la Région Réunion présidée par Paul Vergès, son père.

Le président du Conseil régional a également placé sa fille Françoise, à la tête de la future MCUR (Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise). Ce qui a fait dire à Jean-Paul Virapoullé lors d’un meeting politique : “Paul Vergès va léguer une maison de 80 millions à sa fille”.

Alors faut-il vraiment s’offusquer lorsqu’au plus haut niveau de l’Etat, un gamin de 23 ans, Jean Sarkozy, fils du président de la République, postule pour une fonction aussi prestigieuse que l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad), un quartier d’affaire de 150.000 salariés ?

Mais aurait-il pu prétendre à une telle promotion s’il n’était pas le fils de Nicolas Sarkozy, chef de l’Etat ? Cette question doit être posée, et pas seulement par Ségolène Royal. Et qu’importe les diplômes et les qualités de Jean Sarkozy. Les Français ont raison de s’interroger aujourd’hui.

Leur réponse, ils la donneront peut-être en 2012 lors de l’élection présidentielle. A un autre niveau, Jean-Paul Virapoullé a déjà eu un aperçu de la position de la population sur ce sujet.C'était en mars 2008, à l’issue des municipales. Le sénateur a voulu imposer son fils, à sa place. Les Saint-Andréens ont dit qu’il n’en était pas question, et de manière cinglante.

En mars 2010, l’un des enjeux des élections régionales sera également la succession de Paul Vergès, président de la Région Réunion. Les Réunionnais savent déjà que l’héritier du “trône” à la pyramide inversée, a pour nom Pierre Vergès, le fils du père. Comment se détermineront-t-ils par rapport à cette situation ?

Car, la volonté d’une famille d’accaparer le pouvoir, est une réalité qu’il faut plus que jamais combattre aujourd’hui. La République ne doit pas devenir une monarchie et qu’importe la manière et le niveau de l’Etat.

Et n’oublions pas que dans une République, entre le père et le fils, il y a toujours des milliers ou des millions de sains d’esprit…

 

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