Le vrai vainqueur de dimanche, c’est Nassimah Dindar...

C’est aux côtes surtout qu’elle a mal Nassimah Dindar, c’est sans doute à force de se tordre de rire depuis dimanche soir. Comme elle les a bien eus. Tous, tant qu’ils sont. Elle y a mis du temps. “Ces machos qui étaient contents à l’époque d’avoir trouvé une potiche pour maintenir l’union à droite” au Conseil général en 2005.
“Et en 2008, la bouche en cœur, tous m’ont félicitée et m’ont demandé gentiment de partir”. Et pourtant, Nassimah Dindar n’était pas “si exigeante” en ce mois de mars 2008. “Je me serais contentée de la deuxième ou de la troisième voire de la cinquième vice-présidence”, rappelle encore aujourd’hui l’intéressée.
Malheureusement pour elle, le groupe des conseillers généraux de droite, conduite par Jean-Louis Lagourgue voulait juste lui accorder un strapontin. “C’était également ce qui avait été proposé aux communistes, c’est-à-dire une seule vice-présidence”, se souvient encore Maurice Gironcel, ex-premier vice-président et désormais membre du cabinet de la patronne du palais de la Source.
La suite, vous le connaissez : Nassimah Dindar a informé Paris de sa stratégie, puis a poursuivi les négociations avec Maurice Gironcel pour le PCR et Gilbert Annette pour le PS. En un week-end, elle a réussi à faire basculer un Conseil général avec une majorité de droite, dans le camp de la gauche et du centre. Une performance digne d’une vraie stratège politique.
Le paroxysme de sa réélection a eu lieu lorsqu’elle s’est dirigée vers René-Paul Victoria, ex-responsable UMP pour l’embrasser. Essayez d’imaginer ce qu’elle a dû se dire dans sa tête. En effet, quelques semaines auparavant, elle avait aidé le socialiste Gilbert Annette à battre Victoria (UMP) aux municipales de 2008.
Et ce jour-là, elle, élue de l’UMP, elle soufflait la direction du Département à la barbe de la majorité UMP et Objectif Réunion, avec le soutien de la gauche et du centre. Mon Dieu, comme elle a dû se délecter de ces instants-là…
Des moments savoureux, Nassimah Dindar en a eu beaucoup depuis. D’une part, elle gère sa mandature sans vraiment d’opposition, car certains membres influents des instances nationales de l’UMP la protègent. “On ne peut rien faire contre elle”, déplorent quelques opposants.
A La Réunion, elle est devenue le chouchou de Paul Vergès et Gilbert Annette. Jamais sans doute une femme n’a été tant aimée. C’est beau ! Mais dans ce ménage à trois, il y a beaucoup de cocus. Et ils sont pour la plupart à droite.
Jean-Jacques Morel, secrétaire de circonscription UMP Nord, a été battu à la récente cantonale partielle, grâce au soutien de Nassimah Dindar (UMP) à son adversaire Jean-Claude Fidji (PS).
Nassimah Dindar a même félicité le parti communiste d’avoir battu Cyrille Hamilcaro à Saint-Louis, et laminé Alain Bénard à Saint-Paul à l’issue du deuxième tour de ces municipales partielles. Le cyclone Nassimah a tout dévasté sur son passage. Il ne reste plus rien à droite. Tout a été emporté…
Les recherches ont commencé pour retrouver Jean-Paul Virapoullé, sénateur de La Réunion, Didier Robert, délégué général d'Objectif Réunion, et Michel Fontaine, président de l’UMP. C’est sûr, il faudra du temps à ces hommes politiques et à la droite pour se retrouver, “surtout si l’UMP Paris nous renvoie encore Jean Simonetti et Raoult pour faire l'union”, regrette toujours Jean-Paul Virapoullé.
La seule qui reste, valide, immaculée, fringante, pimpante, rayonnante et triomphante, c’est Nassimah Dindar. “Elle est vraiment, elle est vraiment… phénoménale…” D'autant qu'elle réfléchit à sa stratégie pour les prochaines élections régionales.
D’accord ! Cette fois-ci, il ne sera pas facile pour elle, de trouver des volontaires à droite pour y figurer, mais qu’importe, des hommes de droite, il y en a aussi au PCR et au PS, plus fidèles et plus solidaires que ne l'ont jamais été ses ex-amis.
Cette union suffit au bonheur de Nassimah. Et si Nassimah est heureuse, ça veut dire que la gauche est heureuse…


