4 Mahorais sur 10 travaillent hors de leur commune

En 2012, 33.200 personnes occupent un emploi à Mayotte. Ces emplois sont fortement concentrés sur la commune de Mamoudzou qui en héberge à elle seule plus de la moitié (54 %). Parmi les 18 000 emplois offerts sur la commune, seulement 8 600 sont occupés par des résidents de Mamoudzou. Ainsi, chaque jour, 9 400 personnes viennent dans le chef-lieu pour travailler.
Plus de la moitié d’entre eux, soit 5 100 personnes, arrivent par l’entrée Sud en provenance des communes du Centre et du Sud. Par ailleurs, près de 2 500 personnes résidant dans des communes du Nord viennent travailler à Mamoudzou ainsi que 1 800 résidents de Petite-Terre. Sur l’ensemble du département, 13 300 personnes travaillent hors de leur commune de résidence, soit quatre travailleurs sur dix.
Mamoudzou attire des travailleurs de toutes les communes
Dans toutes les communes, au moins un quart des actifs en emploi travaillent à Mamoudzou. La commune de Koungou, voisine du chef-lieu, apporte en proportion le plus de travailleurs (48 % de ses actifs en emploi, soit 1 400 personnes). Viennent ensuite des travailleurs des communes plus éloignées du Centre (Sada et Chiconi) et du Sud (KaniKéli et Chirongui) où la part des personnes venant travailler à Mamoudzou est élevée (supérieure à 44 %). Ces communes ont des conditions de vie moins défavorables et une part de la population en emploi plus élevée qu’ailleurs.
Près d’une personne sur dix utilise la barge pour aller travailler
Originalité du territoire de Mayotte, la population réside sur les deux principales îles de Grande-Terre et Petite-Terre. Elles sont reliées par des barges assurant la ligne à un rythme très régulier. Près de 2 100 habitants de Petite-Terre se rendent sur Grande-Terre pour travailler pendant que 400 habitants de Grande-Terre font le trajet inverse.
La voiture reste le moyen de transport privilégié
La voiture reste le premier moyen de déplacement. Chaque jour, près de 14.000 personnes utilisent principalement leur voiture pour se rendre au travail. L’afflux de ces véhicules vers Mamoudzou contribue à l’engorgement du réseau routier aux entrées de la ville. Mais en dehors du chef-lieu, la voiture est peu utilisée. Sur PetiteTerre, six travailleurs sur dix déclarent la barge comme moyen de transport principal. À Acoua, dans le Nord-ouest de Grande-Terre, les transports en commun sont utilisés par un travailleur sur trois.
Par contre, la voiture est plus utilisée dans certaines communes de l’Ouest (Sada, Ouangani et M’Tsangamouji) et du Sud (Kani-Kéli, Bouéni et Chirongui). Ces communes figurent parmi celles où les ménages sont les mieux équipés en véhicules automobiles.
Les transports collectifs sont aussi très utilisés
Pour se rendre à leur travail, les Mahorais utilisent plus que dans le reste de la France les transports collectifs. Environ 10.000 personnes utilisent les taxis, la barge ou les transports en commun soit 31 % des actifs en emplois. C’est deux fois plus que dans le reste du territoire français (15 %) en raison notamment du faible équipement automobile des ménages mahorais. En effet, seulement 27 % des ménages disposent d’au moins une voiture à Mayotte contre 81 % dans le reste de la France.
Plus souvent que dans le reste de la France, les Mahorais se rendent à leur travail à pied (17 % contre 7,5 %) et en deux roues (9 % contre 4 %). Ces moyens de transport sont utilisés principalement par les personnes qui travaillent dans leur commune de résidence.


