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La lang n’a poin le zo !

Alors que le débat est clos depuis longtemps concernant le statut de notre créole, voilà que, encore une fois, le révisionniste de service, messie multicartes, tente pitoyablement de nous imposer sa vérité, suivi de près par son poisson pilote ! On peut s’interroger sur ce type de citoyens qui ne prennent des lois que ce qui les arrange, voire arrangent les lois pour les adapter à leurs préceptes très particuliers….
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 24 juin 2015 à 14H45

Revenons donc aux fondamentaux !

Qu’est-ce qu’une langue ?

Selon le dictionnaire : système de signes verbaux propres à une communauté d’individus qui l’utilisent pour s’exprimer et communiquer entre eux.

La LOI, qui s’impose à tous, gunéens y compris, dit :

"Après l'article 75 de la Constitution, il est inséré un article 75-1 ainsi rédigé :
Art. 75-1. - Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France".

Et qu’ils le veuillent ou non, même s’ils sont chagrins, le créole réunionnais a été reconnu officiellement en France comme langue faisant partie des langues régionales avec l’alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse, le flamand, l’occitan, les langues de Polynésie, le créole antillais, les langues kanak… !

Encore largement utilisées outre-mer, les langues régionales sont en revanche globalement en déclin en France métropolitaine, notamment en raison du faible taux de transmission familiale, mais résistent grâce aux réseaux d'enseignement bilingue, à leur dimension culturelle et aux médias. ©

Selon l'Insee, 53% des 800.000 Réunionnais déclarent ne parler que créole dans leur vie quotidienne. C'est la langue régionale la plus utilisée dans les départements d'outre-mer, selon une étude Insee de 2010. Huit Réunionnais sur 10 (âgés aujourd'hui de 16 à 64 ans) ne parlaient que créole dans leur enfance, selon l'enquête. Depuis le début des années 2000, la prise en compte du créole à l'école fait partie intégrante des textes officiels de l'Education Nationale.

Pour revenir à notre langue nationale, le français, langue officielle dont l’enseignement n’est nullement mis en péril par la reconnaissance du créole mais bien au contraire enrichi et facilité pour des élèves dont la langue maternelle n’est plus stigmatisée et dévalorisée…

Dans la langue française, l’orthographe a évolué au fil des siècles (exemple : fenestre puis fenêtre), le vocabulaire s’enrichit de mots nouveaux (ex : courriel), alors que certains autres sombrent dans l’oubli parce que non utilisés. L’ Académie Française révise régulièrement le dictionnaire de notre langue en l’adaptant au parler authentique de la population dans son ensemble. Ainsi, une langue parlée est un système vivant. On fait bien la différence entre langue vivante et langue morte.

Et notre créole, d’où vient-il ?

Les langues créoles sont des langues de formation récente puisqu’elles n’existaient pas avant la colonisation européenne des XVIIe et XVIIIe siécles : il y a ainsi des créoles anglais, espagnols, français, hollandais… Ce qui est admis par tous les chercheurs, c’est que c’est une chance, pour la « science linguistique » de pouvoir suivre la genèse d’une langue en disposant de tant de documents (textes, essais de grammaires, …) incontestables car transmis autrement que par la tradition orale. ©

En ce qui concerne le créole réunionnais, comme dans tous les pays qui ont connu l’esclavage, il s’est formé, développé, enrichi – et personne ne l’a « inventé » - grâce aux apports des langues régionales parlées par les premiers colons, des langues parlées par les esclaves et les autres groupes ethniques qui se sont installés dans l’île. Ceci pour tenter d’expliquer ce qui me semble être une richesse pour l’humanité. Selon certains auteurs, le créole réunionnais aurait acquis sa forme « définitive » aux alentours des années 1715/1720.

Les premiers textes en créole ( les Fables créoles ) ont été écrits par un certain Louis Hery en 1828 ! Il faut le dire pour rétablir une vérité tronquée volontairement et nous faisant croire que Fourcade était le précurseur dans l’écriture de textes en créole.

Le problème n’est plus de savoir s’il y a une grammaire ou de nier les différentes variantes dans le parler – des essais de grammaire existent depuis longtemps ainsi que de vrais dictionnaires – mais bien de savoir quelle graphie il faudra « figer » pour respecter toutes les "sensibilités" ethniques, tous les apports "historiques" - seulement, en gros, quatre siècles d’histoire pour la Réunion – et c’est en cela que l’étude est intéressante car on étudie une langue qui est en train de prendre forme devant nous ! Encore faut-il que pour étudier, les coqs de service veuillent bien se faire humbles... voire silencieux s'il n'ont rien à ajouter que la polémique !

Comme pour toute langue régionale ou pas, un des enjeux importants de la reconnaissance du créole est celui de sa culture, car il n’existe pas de langue sans culture et ne pas prendre en compte ce fait linguistique, c’est en quelque sorte gommer l’histoire des gens qui parlent cette langue, et cela fait des ravages tant à l’école que dans la société réunionnaise toute entière. Le mot communément admis pour décrire cela est "racines". Et les individus, forts de leurs racines, peuvent alors conquérir leur avenir avec sérénité car ils sont bien dans leur être. Ils assument leur passé pour mieux comprendre leur présent. Il n’y a qu’à regarder autour de nous dans les autres îles, où ces débats d’arrière-garde ont été dépassés depuis longtemps et où, au lieu de jouer l’opposition entre langues, on joue la richesse de la complémentarité.

Mais il est évident que la récupération politique rôde ! Et c’est pour cela que le système scolaire ne doit pas lui livrer des gens fragilisés : ce n’est pas parce que tu me parles créole que tu vas me défendre et aider au développement. La formation de citoyens responsables passe donc par une juste reconnaissance linguistique ! C’est déjà fait officiellement (voir les textes), il reste à la mettre en œuvre de manière raisonnée… et raisonnable… et ce n’est pas gagné !

Aucune graphie n’est figée pour le moment, mais reprenez donc l’histoire de la langue française et vous verrez combien les problèmes de l’orthographe restent complexes, en dépit d’une vraie et longue histoire de la langue bâtie sur plusieurs siècles

Voilà ! Je voulais apporter un autre éclairage sur ce qui n’est un problème que pour ceux qui sont figés dans leurs certitudes. L’unification de la graphie du créole ne passera pas par ces gens-là… Ce n'est pas grave, on peut encore attendre quelques dizaines d’années !

“Tout ce qui est excessif est insignifiant” © Talleyrand

On peut aussi penser que c’est dérisoire… voire provocateur !

Et, pour ceux que cela intéresse, au lieu de citer béatement une illustre inconnue, présidente express d’un conseil régional, le point de vue de d’une spécialiste reconnue et qui sait de quoi elle parle, contrairement à certains !

http://www.caravanedesdixmots.com/accueil/contributions/points-de-vue/le-francais-langue-metisse-henriette-walter/

 

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