Crise requins: Les esprits s'échauffent, les actes malveillants se multiplient

La "crise requins", un débat stérile? Loin de là. Quand on parle de "crise requins" à la Réunion, on touche bien d'autres sujets à controverse: tourisme, pêche, créoles/zoreils, économie, protection animale…
Il fait partie de ces sujets qui font parler tout le monde, les concernés et les autres. Il fait partie de ces sujets où chacun, quel qu'il soit, a un avis sur la question. C'est un peu comme l'éducation, qu'on ait ou pas des enfants peu importe, chacun y va de son avis, suggère, propose, juge, critique.
Il fait partie de ces débats dont il n'existe pas, - pas encore -, de position consensuelle. Et si l'on ne parlait pas de morts, l'ampleur autour de ce sujet serait moindre. Malheureusement, le décès de la dernière victime d'une attaque de squale, le jeune Elio, a fait rejaillir les sentiments les plus exacerbés.
La polémique a d'abord repris de plus belle ces derniers jours et les interventions médiatiques sont nombreuses: surfeurs, Réserve marine, Préfecture, Comité des pêches, collectif d'associations (Sea Shepherd, Vagues, Sauvegarde des requins, Longitude 181, fondation Brigitte Bardot, ASPAS d'un côté, OPR ou encore PRR de l'autre), mouvements citoyens (les jeunes réunionnais en faveur des requins et de la réserve marine ou encore les jeunes sentinelles de l'océan), ligues/clubs de surf, et politiques (ministre de l'Outre-mer, députés, maires, élus, partis). Le citoyen apporte sa pierre à l'édifice par le biais de courriers des lecteurs et commentaires sur les sites d'informations et les réseaux sociaux.
Les tensions, qui étaient latentes, rejaillissent. Et de la parole, certains passent alors aux actes… malveillants, voire même délictueux. Cocktail molotov devant la réserve marine, véhicule d'un "pro-requin" dégradé, menaces physiques et insultes à l'encontre de la fédération française de surf… Aveu de faiblesse? Sans doute.
Les solutions possibles ne sont pas complètement satisfaisantes, celles mises en oeuvre restent timides, parfois longues, tâtonnantes. Et chaque drame supplémentaire rappelle combien nous sommes, pour le moment, encore impuissants face à cette "crise requins".


