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Préavis de grève par des employés et syndicats de la commune de La Possession

Conception de l'économie sociale sur la grève. Cela fait plusieurs fois que je voulais mettre en ligne cet article lors de grèves. Je me décide ce jour avec le préavis ci-dessus qui fait l'objet de l'article de Zinfos974. A méditer.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 7 avril 2015 à 09H58

La grève est un acte de résistance active. C'est une épreuve de force s'opposant à des institutions ou situations considérées par les grévistes comme contraires à leurs droits.

Le droit de grève n'est pas illimité : une grève dont les buts sont légitimes ne doit pas aller contre le bien de la communauté nationale.

À condition d'être assuré que les revendications sont réellement légitimes et peuvent raisonnablement être satisfaites, au moins partiellement, cette action de force se justifie sous les réserves suivantes :

1– Ne considérer la grève que comme un ultime recours, après avoir essayé de tous autres moyens moins perturbateurs, et notamment de la conciliation et de l'arbitrage.

2– Avoir préparé le futur pour aboutir à du sûr, du meilleur, du solide.

3– Avoir préparé la grève et être prêt à jouer de l'événement avec les espoirs du succès.

4– Etre raisonnablement assuré d'un consentement général basé sur le libre accord des participants.

5– Etre raisonnablement assuré que la grève ne déclenchera pas des mesures répressives telles qu'en fin de compte elles n'aboutiront pas à une situation pire que la précédente.

6– Enfin, décider de la légitimité et de l'usage de la grève ne peut jamais être l'affaire d'un particulier quelconque, mais de personnes qualifiées pour en juger et en état de conduire la grève au succès (1).

Lorsque des conflits sociaux dégénèrent en grève, chaque travailleur doit savoir :
– qu'il n'a pas à consentir aux gravse préjudices causés par une grève si de sérieux efforts de conciliation n'ont pas été obstinément poursuivis auparavant ;
– qu'il garde en permanence la liberté de poursuivre la grève ou de reprendre le travail.

Les conditions ainsi rappelées pour qu'une grève soit légitime présentent bien la grève comme un cas exceptionnel. Ce cas s'oppose aux multiples abus souvent imputables aux syndicats politiques et parfois soutenus même par une fraction du gouvernement au pouvoir. Ce qu'on appelle alors le « droit de grève » n'est souvent pas autre chose que le droit de ne pas travailler pris par les uns pour refuser aux autres leur droit de travailler (2).

En riposte à une grève ou à des revendications jugées inacceptables, la direction d'une entreprise peut répondre par un lock-out fermeture de l'entreprise. Une telle décision, contraire à l'esprit d'unité qui doit animer l'entreprise, est très grave de conséquences pour les ouvriers et leurs familles. Sa légitimité et son opportunité sont à juger selon les mêmes principes que pour une grève.

L'État, chargé d'assurer le bien commun, peut répondre à une grève en usant de son droit de réquisition ; mais ce droit n'appartient pas à l'État « employeur » ; il n'appartient qu'à l'Etat gardien des biens fondamentaux de la personne et de la société.

Ce droit lui-même n'est pas illimité : une réquisition collective ne peut pas être employée abusivement, comme moyen de briser une grève légitime. Le droit de réquisition collective ne peut être utilisé qu'exceptionnellement et avec prudence, seulement en cas de grave mise en péril du bien commun national, car ses conséquences peuvent être préjudiciables à l'autorité de l'État et à l'intérêt supérieur du pays. Ce n'est qu'un ultime recours qui ne se légitime que dans les mêmes conditions qu'une grève.

Qu'il s'agisse de grève, de lock-out ou de réquisition, on doit considérer chacun de ces faits comme le mal mineur ; et un mal, même mineur, n'a jamais été un bien (3).

Ces actions de force doivent être conduites avec loyauté à l'égard de tous, dans le respect des personnes et des biens.

(1)– Ces conditions ne sont autres que les conditions générales à observer pour garantir la légitimité d'une action de force.
(2)– Quand l'action des grévistes s'accompagne de menaces contre les non-grévistes, sévices, perturbations débordant le cadre professionnel et son entourage humain, allant même parfois jusqu'à déblocage des services publics, lésant le travail et la liberté de milliers d'individus non concernés personnellement par les revendications professionnelles émises, la pratique de cette grève perd ce qu'elle pouvait avoir de légitime, car elle s'apparente alors à la "prise d'otages" des méthodes terroristes.
(3)– Le mal mineur est une notion qui relève plus particulièrement de la doctrine. Il est important de la bien saisir pour ne pas risquer d'y voir une sorte de "droit exceptionnel" à l'emploi de moyens mauvais pas eux-mêmes.

 

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