La réforme des cantons: Une affaire mal goupillée, comme d’hab !

Le département reste département, merci pour lui. Les élections cantonales deviennent "départementales", on veut bien. Cantons redécoupés ? Personne n’y a rien compris parce que personne n’a rien expliqué.
Ce n’était pourtant pas si compliqué, surtout que c’est logique.
En France métropolitaine, les cantons englobent plusieurs communes ; tandis que chez nous, les communes étant démesurées, ce sont elles qui comptaient plusieurs cantons. Il a donc paru à certains indispensable de normaliser la chose, bon, d’accord.
Mais il aurait fallu commencer par "normaliser" nos communes. A savoir redécouper ces dernières pour leur donner dimension humaine : deux communes à Saint-Louis (c’est en cours, paraît-il) ; quatre à Saint-Denis ; trois au moins à Saint-Paul ; trois à Saint-Pierre, etc. Mais les maires de ces énormités ingérables freinent des quatre fers : d’abord parce que la dotation globale dépend du chiffre de leur population ; puis parce que ce même chiffre leur confère un poids certain dans diverses instances comme les SEM intercommunales, CIVIS, CIREST, CINOR, CASSUD, "avec les émoluments y afférant", dit le poète. Zot i voit le magigador ? Ces seigneurs féodaux ne vont pas jeter le beurre, l’argent du beurre et le popotin de la fermière à de minables vassaux.
Total des courses, on se retrouve avec toujours des communes démesurées, mais aussi avec des cantons encore plus vastes qu’avant !
Déjà qu’avant, les conseillers généraux se désintéressaient de leurs habitants une fois l’élection passée. Alors, maintenant, avec des circonscriptions bien plus vastes, on verra les représentants départementaux encore moins souvent. Imaginez le terrain à parcourir pour deux clampins, de Grands-Bois à Petite-Ile en passant par Montvert…
Bonjour les dégâts.


