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Le tisaneur braconnait dans le Parc national

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 29 janvier 2015 à 16H36

Cédric, 36 ans, ne vit officiellement que du RSA mais a une patente de vendeur ambulant qui lui permet de vendre écorces, feuilles, racines, barbe de saint-antoine et autres produits de notre flore endémique qui font incontestablement merveille parallèlement à la pharmacopée chimique habituelle.

Les tisaneurs reconnus ont une autorisation de prélèvement qui n’est accordée au compte-gouttes qu’à quelques personnes à la réputation établie. Ces gens ne récoltent que les quantités strictement indispensables à leur petit commerce et savent respecter notre nature qui n’en finit plus de crier gare.

Le hic est qu’il existe une foule de tisaneurs ou prétendus tels qui s’y connaissent en tisanes comme moi en jeux vidéo. En clair, ces bricoleurs à la petite semaine arrachent n’importe quoi n’importe où avec une absence de souci écologique qui vous donnerait une idée de l’infini.

C’est le cas de Cédric qui prend ce qu’il veut où il veut en totale illégalité. Et finit invariablement par se faire gauler comme un minable.

Ce 18 août 2012, à Cilaos, les agents du Parc national avisent un véhicule garé à proximité des sites protégés, favoris des tisaneurs légaux ou pas, qui éveille leur attention. Au bout de deux heures de planque, ils voient arriver notre Cédric qui a, dans son sac, quelque 10 kilos de plantes protégées, orchidées, ti carambole, bois cassant, et une serpette.

L’homme parvient à s’enfuir et s’en va aussi sec déclarer à la gendarmerie le vol de son véhicule quelques jours avant les faits. Pressé de questions par la maréchaussée, il finit par admettre sa culpabilité, dont des prélèvements tout aussi frauduleux à La Mare (Saint-Joseph).

Isabelle Henry, agent technique environnement au Parc national, sans s’embarrasser de termes savants, sans pédanterie, nous a délivré un beau petit condensé sur les menaces pesant de plus en plus sur notre flore endémique ou indigène : « Certaines espèces n’existent plus qu’à une dizaine d’exemplaires ici… donc au monde ! Le faham est en voie de disparition. Les vrais tisaneurs respectent les végétaux. Les braconniers coupent et arrachent n’importe comment. Ils écorcent si sauvagement les arbres que ceux-ci finissent par mourir. Souvent encore, ils coupent totalement les arbres pour les débiter en copeaux à revendre. Il est rare de tomber sur les coupables ».

Les efforts pour replanter ces espèces menacées chez les particuliers ou des terrains communaux n’ont donné, pour l’heure, que des effets mesurés.

La substitut Elise Tamil a dénoncé « un esprit roué, élaboré, qui sait ce qu’il fait mais qui raconte n’importe quoi pour échapper à ses responsabilités ».

Défense du prévenu : « C’est in’ tradition dans nout’ famille. Nous la toujours fé ça de père en fils ».

Verdict : 2 mois avec sursis, 1000 euros d’amende et 2000 pour la partie civile.

Jules Bénard

 

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