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Le faune du Gouffre : Exhibitionniste sans le savoir, incontinent qui plus est !

Tribunal correctionnel de Saint-Pierre, 25 septembre 2014.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 25 septembre 2014 à 13H23
Joël F. selon son avocat Me Lebras, lequel ne recule devant rien, "est nudiste sans le savoir", à l’image du prosateur Jourdain. Tout ça parce qu’un jour d’avril 2013, à 9h, quand ces bonnes dames s’adonnent à un innocent jogging sur le Sentier du Gouffre (Etang-Salé), il se présente à loilpé comme dirait San Antonio.
 
Une brave dame, s’acharnant à perdre quelques centilitres de sueur, croise Joël F. qui, selon elle, "suivait deux autres dames à quelques dizaines de mètres de distance, ses attributs bien au vent".
 
Joël F. n’a agressé personne, n’a pas ostensiblement brandi ses bijoux familiaux, non. Il s’est promené comme bon Dieu la donne a lu. Ce que la morale réprouve et que l’esthétique n’approuve pas forcément non plus. Bref, plaintes et re-plaintes, d’où il ressort que ce ne serait pas la première fois.
 
A noter que lorsque la police municipale est arrivée (très vite au demeurant), Joël la court culotte dans la main (et pour cause) mais s’est vite fait gauler… si j’ose dire.
 
Aux gendarmes, bonhomme explique que s’il était nu, c’est parce qu’il avait chaud. Première version. La seconde est plus extravagante : "J’avais la diarrhée et j’avais sali ma culotte et mon slip ; je les avais donc enlevés !" CQFD !
 
Pour le psychologue chargé d’élucider l’affaire, il y a mystère là-dessous : "Il mène une vie familiale normale ; il n’est pas socialement dangereux". L’homme de l’art y perd son latin. Comme la présidente Corrine Peinaud qui multiplie les questions sans parvenir à soutirer un sou d’explication à ce prévenu qui pleurniche à la barre.
 
Tout ce qu’on a pu comprendre, c’est que depuis qu’il a été mis en examen, il a perdu son travail et que sa légitime s’est fâchée avec lui.
 
"Ses explications farfelues ne disent pas pourquoi cet homme, apparemment normal, est passé à l’acte. Il reste une énigme pour la science. Souhaitons qu’un avertissement lui suffise", a achevé l’accusateur sans s’acharner sur un être manifestement déboussolé.
 
Me Lebras, en pleine forme, voit la chose d’une tout autre façon et on vous le livre brut de décoffrage : "C’est l’accident de parcours type d’une affaire de nudisme sur fond d’incontinence. Les soucis d’une prostate peu coopérante sont les symptômes bien connus du vieillissement (ndlr : Joël a 60 ans… mais n’en a pas l’air)… Pourquoi ne pas le croire ?... Il ne savait pas qu’il faisait du nudisme (revoilà Jourdain)… Il n’avait pas d’autre solution, ayant souillé ses vêtements, que de les enlever… Il n’y a pas de parcours de santé pour les nudistes à La Réunion (Ndlr : en Hexagone non plus)… Il faudrait qu’à certaines heures, le parcours soit réservé aux nudistes !..." Voilà qui ferait une proposition de loi aussi audacieuse qu’inattendue au Palais Bourbon.
 
Notre amateur de courants d’air s’en sort avec un avertissement, comme réclamé par l’accusation : un mois avec sursis et qu’il aille se rhabiller.
 
Question subsidiaire, voire existentielle : si vous et moi, hommes peu ou pas du tout exhibitionnistes, rencontrons subrepticement une belle femme en tenue d’Eve, sur un parcours de santé ou au détour de la grimpée vers le Piton, que fait-on ?
 
Nous crie l’assassin… ou on mate comme des sauvages ?

 

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