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L’opéra de Fort Dauphin

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 18 juin 2014 à 14H16

Quel est cet opéra du bout du monde qui se prend pour le commencement du rouleau version Horace des temps modernes ?
Qui est ce monsieur Pangrani, tutoyant les lecteurs par ses écrits à haute voix ?
Et voilà que le Théâtre Vollard, tel un marchand de tableaux lointain, si lointain, se met à « opéractiver » les meilleures voix malgaches des Hauts Plateaux au lieu de les laisser librement s’exprimer dans Carmen et les Castagnettes !

Vol ! Vol de talents. Ils ont volé, « zont » volé les voix de nos malgaches et ce jusque dans les tréfonds de l’Histoire ! Ils osent, ces mécréants d’artistes !
Allez savoir si ce païen de François est l’auteur du premier né à venir. Et voilà ces impétrants qui oublient François Charpentier le divin marchand qu’ils n’évoquèrent pas et pour lequel ils prirent la devise…

Flo… Floré… Florebo… Là encore c’est du détournement sans citer la source de notre humaniste fustigé par Boileau.
De surcroit, ils occultent involontairement les frères Parmentier capitaines poètes initiés qui devancèrent d’un siècle « Yapin » et sa petite troupe en goguette à l’Ile Bourbon.

Avec tout ce charivari, Françoise d’Anjou et Anne Mousse doivent s’interroger sur les pérégrinations de leurs descendants croisés car ces forbans de la culture animée sont tous, peu ou prou … merveilleux et même parfois talentueux.
Ils nous rappellent un peu … beaucoup … passionnément … l’œuvre du grand griot blanc Jean Rouch qui, avec son ami le gardien de zébus du fleuve Niger traversèrent durant un demi siècle de paix les bobines de films sur l’Afrique du cœur, ethnologique et amusée. Et voilà d’autres bandits dont les films tutoient parfois les étoiles, dans un chuchotement et un humanisme « constellant » si bien qu’une de leurs amis a demandé dans son testament que sa robe bleue « de mariage » soit enterrée avec les rites du pays Dogon dans les falaises de Bandiagara qu’elle aimait tant.
Tout cela fascina François Mitterrand, un de nos plus grands présidents, dans l’amour qu’il portait à la culture, sans oublier notre grand Charles avec Malraux…

Mais revenons à La Réunion. Ce qui est bien dans cet opéra du bout du chemin et des chaos de la piste sur tôle ondulée, c’est le taxi brousse ! Oui, j’ai bien écrit le taxi brousse, c’est lui l’acteur principal.
Si nous étions au pays de Niama, nous eûmes vu sur son fronton cette inscription en lettres flamboyantes « Niit ney mandu ».
Traduisons notre ouolof maternel à défaut d’être soninké : « L’homme doit toujours rester serein ».

A propos, saviez-vous que les deux compères complices, Emmanuel Genvrin et Jean-Luc Trules (pas chinois pour un sou !) ont creusé, creusé, pour mettre en terre leur partition, trésor des trésors, préfigurant la genèse de nouvelles notes à venir dans le concert des symphonies disparues ?
Là aussi, ce n’est plus de l’innovation mais du mandala souterrain … qui pour ce fait n’est plus un mandala, ils sont inclassables.

Quant à la petite étincelle, je n’irais pas écrire, de génie, de toute cette équipée, c’est de faire ce voyage avec les voix Merina dans le Grand Sud Fraternel…
Et cela c’est un beau symbole vivant, présent !
Voilà la clef du sol ensemencé des notes claires qui abreuvent nos sillons de notre destinée India-océanique. Et ce, jusqu’à notre vieux Saint-Paul.

Oui, mes amis d’entre les quatre mers comme le rappelait Maître Kong, le chaos se doit d’être ordonné.
Dans cette configuration, qu’importe l’histoire quand le traitement est noble.
J’ai l’intime conviction qu’Arnauld qui, durant toute sa vie, a conservé sa médaille près de son cœur est en phase avec cette analyse.
Allez voir leur long métrage, vous serez agréablement surpris.

Aussi, je convie à la souveraineté des arts et l’aptitude de captation de talents, qui devrait tous nous interpeller … Pas que du Sieur Matisse qui, pour sa part, comprit bien avant l’heure que la mesure est … Harmonie.

Christian Vittori
17/06/2014

 

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