Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Formation : Quels défis pour 2020 ?

Ecrit par zinfos974 – le mardi 25 février 2014 à 13H31
On les appelle les "Neets". Ils ont entre 15 et 29 ans et sont exclus de toute forme de scolarité ou d’emploi. Les Neets, pour "Not in Employment, Education or Training" ("Ni en emploi, ni en étude, ni en formation"), sont 14 millions en Europe et constituent 15,4% de leur population de référence.Cette situation coûte cher à l’Europe et les coûts associés aux "Neets" ont augmenté en Europe de 28% depuis la crise de 2008. En moyenne, la facture de la mise de côté de ces jeunes représente 153 milliards d’euros par an.
 
Mais ce coût économique n’est pas ce qui inquiète le plus les institutions européennes. En effet, le niveau d’engagement politique et la confiance accordée aux dirigeants sont beaucoup plus faibles chez les Neets que chez les jeunes qui travaillent. Comme le précise un rapport de l’OCDE : "L’Europe échoue dans son contrat social avec la jeunesse et le désenchantement politique croissant pourrait atteindre des niveaux similaires à ceux qui ont déclenché les printemps arabes en Afrique du Nord". En Espagne et en Grèce, c’est plus d’un jeune sur deux qui est touché par le chômage. C’est la même proportion à La Réunion. Selon l’Institut McKinsey "d’ici à 2020, si les conditions du marché du travail restaient inchangées, il manquerait à la France 2,2 millions de diplômés, tandis que 2,3 millions d’actifs sans diplôme ne trouveraient pas d’emploi, d’où la nécessité d’élever le niveau de qualification et de formation des jeunes", conclut un rapport remis en septembre au Conseil économique, social et environnemental. Dans ce paysage morose, seule l’Allemagne fait exception puisque c’est l’unique pays de la zone euro où le chômage des jeunes a baissé en pleine période de crise, pour atteindre 7,9 % en mars 2012, contre 11,4 % en décembre 2007. Il y a donc bel et bien des politiques pédagogiques qui marchent. C’est ce qu’indique Mark Keese, directeur de la division emploi à l’OCDE. "Il faut combiner formation et travail afin de rendre les jeunes plus attirants pour les entreprises".
 
Avec cette pédagogie, le groupe TetraNergy génère chaque année, en moyenne, 600 contrats de travail pour des jeunes par le biais de l’alternance. Nous parlons ici d’une véritable alternance, immersion chaque semaine dans l’entreprise, et non de périodes éparses et non formatives. Cette véritable alternance s’organise à partir d’un contrat de travail (contrat de professionnalisation ou d’apprentissage, le second étant plus contraignant que le premier). La combinaison formation et travail permet d’acquérir ce que nous appelons un "savoir-vivre professionnel" et un comportement acceptable pour les entreprises. C’est ce travail sur l’attitude (capacité à travailler en équipe, maîtrise de soi, gestion des situations délicates, relation client, affirmation sereine) qui permet au jeune de pérenniser son emploi. On attend trop souvent de la formation qu’elle ne soit qu’un outil de régulation sociale. En réalité sa finalité première est d’être un levier de la performance économique. En contribuant, par l’accroissement des compétences, à la compétitivité des entreprises, elle sert le développement de l’emploi. Cet emploi est généré par l’émergence d’activités innovantes, la politique d’ouverture sur les marchés étrangers ou la création d’entreprises. C’est pourquoi La Réunion mérite, comme c’est le cas ailleurs, des formations d’excellence, de vrais diplômes de haut niveau, centrés sur la qualité des dirigeants d’entreprise et sur les nouveaux métiers (pilotage de projet innovants, métiers du web 2.0, manager de réseaux sociaux…). Même si la nouvelle loi sur la formation est pénalisante pour elles, ce sont en effet les TPE innovantes qui seront génératrices d’emploi.
 
Voilà quelques enjeux pour la formation en ces périodes difficiles. Voilà les challenges que le monde de la formation doit s’assigner pour rester crédible. Et, pour paraphraser Abraham Lincoln, "Si vous ne croyez pas en la formation, essayez l’ignorance".
 
Jean-Luc Fievet Président du groupe TetraNergy

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :