Ouverture de la chasse aux tangues

L'ouverture de la chasse au tangue, Giovanny, 38 ans, l'attendait depuis longtemps, "comme tous les chasseurs". Voilà trois ans que ce chauffeur routier détient la licence qui lui permet de chasser du petit animal.
Il s'y est mis d'abord "en accompagnant les copains, en tant que porteur", puis s'est décidé à le chasser lui-même.
"Le tangue, c'est différent des autres chasses. Mon plaisir, c'est d'aller dans la forêt, de marcher, de regarder les chiens travailler", explique-t-il. Un plaisir qu'il partage avec ses amis, amateurs de chasse également. "On se lève vers 5 heures, on part sur en forêt dès 6 heures. On lâche les chiens, on discute, on plaisante. Généralement, on revient vers midi", indique-t-il.
Lui va chasser au Maïdo, un des douze lots où la chasse est autorisée, accompagné de son chien, Jack Russel. C'est le chien qui va traquer le petit animal, repérer les terriers, et avertir son maître. Ensuite, c'est à Giovanny de fouiller et de l'attraper "vivant", avec ses mains gantées. Place ensuite à la sélection. "S'il est petit, on le relâche, s'il est gros, on l'attrape".
Le tangue sélectionné est ensuite mis dans un sac, en attendant le retour à la voiture. "C'est à ce moment qu'on le tue, en lui mettant un coup sur la tête, comme pour le lapin", explique Giovanny.
La chasse au tangue est une passion assez onéreuse : "La licence et l'assurance, ça coûte 130 à 160 euros, et il faut compter 50 euros pour pouvoir chasser en forêt". Mais d'après Giovanni, la réglementation de la chasse a du bon. "Si on veut pouvoir chasser le tangue encore longtemps, il faut des règles pour préserver notre patrimoine. Sans réglementation, il n'y en aurait plus".
Car la chasse au tangue est victime de son succès. De plus en plus de Réunionnais pratiquent cette chasse. "Il y a de plus en plus de chasseurs. Parfois, il y a tellement voiture sur le bord de la route que c'est un peu comme au marché forain. On n'est pas tout seuls !", rigole ce Saint-Paulois.
Ce n'était pas comme ça du temps des anciens, assure-t-il. "Mes grands-parents chassaient le tangue. A l'époque, il n'y avait pas de permis mais ils respectaient les cycles de reproduction. Du coup avant, il y avait même plus de tangues !".
Le tangue, qu'il va chasser environ trois fois durant les trois mois où la chasse est autorisée, c'est donc avant tout un plaisir et non une source de rémunération. "J'en vends très rarement. Je préfère le consommer en carri, avec ma famille, mes amis. Pour moi, c'est juste un plaisir", explique-t-il.


