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Quelques vérités sur Jean Fontaine

Ecrit par zinfos974 – le lundi 10 février 2014 à 10H01

Je présente mes sincères condoléances à la famille de Jean Fontaine, particulièrement à son fils Jean-Yves, un de mes plus anciens condisciples du vieux lycée Leconte-de-Lisle. En avons-nous massacré, des chansons, sur nos vieilles guitares !

Je compatis également à la peine de TAK qui, avec tous ses frères, a été élevé par l’ancien député-maire. Lequel n’avait quand même pas que des défauts.

Ceci posé, il me navre de constater que même les pires ennemis du défunt n’ont pas de mots assez forts pour lui tresser des éloges. Il est des vérités qui doivent être dites ; quitte, une fois de plus, à passer pour un iconoclaste emmerdeur.

Concernant son activité aux Eaux-et-Forêts d’abord. Ingénieur divisionnaire de ce service, Jean Fontaine avait en charge le cirque de Mafate. Dans les derniers temps de son activité forestière, il ne s’y rendait plus qu’accompagné de quelques gros bras chargés de le protéger. Les pauvres agriculteurs de ce cirque, au bout du monde alors, avaient juré de lui faire la peau.

Pour le moindre bœuf en divagation, pour une poignée de z’endettes récoltée dans un tronc pourri, les amendes pleuvaient comme hallebardes sur le dos des Mafatais. Eux qui avaient déjà bien du mal à nourrir leur famille.

Lorsqu’il fut maire de Saint-Louis, Jean Fontaine a prouvé quel grand démocrate il était en faisant tabasser les journalistes du Quotidien. Lesquels avaient eu l’insigne mauvais goût de critiquer certaines de ses prises de position. Le tabassage s’est passé sur le trottoir du centre-ville, juste en face de la mairie de Saint-Louis, Luc Marck et Matthieu s’en souviennent encore.

Le prétexte ? « Si on n’est pas avec moi, on est contre moi ! » Contre-vérité qui, chacun le sait, est une raison suffisante pour cogner sur ses contradicteurs.

Comme c’était un homme à poigne, capable de mener une campagne électorale musclée, le parti gaulliste l’a soutenu de toutes ses forces aux législatives. L’important étant de barrer coûte que coûte la route aux communistes. C’est lors d’un des meetings de Jean Fontaine à Rivière-des-Galets qu’est mort Rico Carpaye, massacré par les nervis de Jean Fontaine, ce qui a été prouvé par les enquêteurs.

Ayant remporté comme on sait le siège de la deuxième circonscription, une fois arrivé au Parlement, Jean Fontaine s’est inscrit en tant que « député Front national » !!!!! Il en est donc devenu le tout premier représentant au Palais Bourbon. Ce qu’on ne peut vraiment pas qualifier de titre de gloire pour notre île.

Jean Fontaine a eu deux frères, deux braves hommes qui font honneur à la population créole. Frantz, directeur d’école à La Rivière, grande gueule grand cœur ; et Etienne, le « pharmacien des pauvres » car ces derniers étaient souvent dispensés de payer chez lui, rue des Bons-Enfants.

Toute mon empathie va aux enfants de Jean Fontaine et à son neveu… malgré tout.

Persiste et signe,

Jules Bénard

 

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