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Quelles vertus pour une société écologiste?

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 29 janvier 2014 à 16H08

Dans sa dernière allocution, François Hollande a formulé ses sempiternelles incantations pour un retour à la croissance, seule manière à ses yeux de reconquérir le marché de l’emploi et inverser la courbe du chômage. Or, non seulement la croissance actuelle, si maigre soit-elle, n’est pas soutenable ni désirable, mais elle devrait dépasser allègrement 1.7% en PIB, pour assurer une création d’emplois supérieure aux pertes du fait des gains continus en productivité. Nous en sommes loin, car cette croissance telle que définie est dépendante de notre ressource énergétique (elle s’explique pour 14% par le salariat et le capital, et pour 86% par l’énergie primaire). Et cette dernière ne va pas aller en diminuant…

Dans la crise actuelle, la pensée écologique est toujours repoussée, comme si elle était antisociale, par ses positions sur le nucléaire, sa taxation des énergies fossiles, ou la recherche d’une autre croissance. Pourtant, la transition écologique de la société devrait nous apparaître comme l’une des sources de création d’emplois, ainsi le scenario ‘Négawatt’. D’autres vertus doivent exprimer cette pensée, à la base d’un changement dans notre mode de développement et d’un changement institutionnel.

Ces vertus écologiques apparaissent en opposition complète aux vertus développées dans notre société moderne : sobriété, frugalité, modération, autarcie, durabilité, qualité s’opposent point par point aux valeurs libérales : illimitation, excès, démesure, expansion, péremption, quantité.

Trois obstacles s’inscrivent devant cette pensée :

- La manière de diffuser ces valeurs dans un monde où la pensée majoritaire libérale et les lobbies de toutes sortes sont sur le devant de la scène. Montesquieu et Rousseau prôneraient les Lois ou l’Education.

- Ces valeurs, retrouvant celles de la Grèce antique, sont en contradiction avec la modernité ambiante, qui assimile volontiers progrès et croissance. Les écologistes apparaissent alors comme anti-modernes.

- La généralisation de comportements individuels vertueux ne saurait suffire à modifier la société, portée par la productivité, la rentabilité et la publicité.

Trois pistes de sortie sont pour l’heure exploitables :

- D’abord ne pas renoncer à la science et à la connaissance. En mettant ces disciplines au service du citoyen, pour montrer l’inanité des lobbies et les déconstruire, pour réviser le dialogue entre science naturelle et humaine, pour obtenir une science engagée pour et avec les citoyens.

- Ensuite utiliser des outils de représentation différents. Fini le PIB, place à l’indice de développement humain (IDH), ou encore l’indice de progrès véritable (IPV), qui incluent des dimensions humaines comme le niveau d’éducation, le niveau de santé, tenant compte de la biodiversité, de la préservation de la nature, de notre habitat.

- Enfin renouer avec une vraie démocratie, loin de l’oligarchie actuelle, où l’on voudrait nous imposer, sans débat citoyen, un traité ultra-libéral transatlantique, où toutes les normes (« barrières non tarifaires ») toutes les réglementations, toute nos législations, toutes les protections citoyennes mises en place sur plusieurs décennies, seraient revues à la baisse pour permettre l’ouverture la plus grande au marché bilatéral le plus débridé. Cette démocratie devrait être mise en place à tous les niveaux, tous les rouages de la société, dans le public comme dans le privé, pour politiser la société au sens premier.

Nous devons construire une société où prospérité ne rime pas avec croissance, où modernité ne signifie pas quantité de production plus importante. Où nos enfants pourront mieux vivre. Une nouvelle définition du progrès.

Dr Bruno Bourgeon, Nouvelle Donne.

 

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