St-Paul: Bejisa laisse une ardoise de 3 millions d'euros

Une semaine après la levée de l'alerte rouge, le temps est au bilan, certes que provisoire, du passage de Bejisa.
La ville de Saint-Paul évalue à 3 millions d'euros les pertes subies sur ses équipements publics. Cela va des dégâts occasionnés sur les écoles de Villèle (toiture) et du Guillaume, l'éclairage public, la base nautique, le débarcadère, le mobilier urbain ou encore le port de Saint-Gilles. Pour ce dernier site, il est bon de rappeler que la mairie est propriétaire des lieux mais la concession est gérée par la CCIR, tant la confusion est récurrente.
Cette évaluation n'est que "provisoire", s'empresse d'ajouter la députée-maire, Huguette Bello. Au titre de son assurance "risque cyclonique", la collectivité peut d'ores et déjà espérer être indemnisée à hauteur d'un million. Les balafres sur la nature font aussi mal au coeur. 3.310 arbres pliés ou déracinés dont 1.500 rien que sur le secteur des plages. La remise en état en coûtera 50.000 euros. "C'est aussi notre patrimoine", ajoute Huguette Bello, qui pense par exemple à ce tamarinier centenaire du square de Gabriel Martin.
L'immensité du territoire multiplie les situations à risques. Le territoire communal est traversé par 55 ravines et un étang dont le marécage, avant que le centre-ville ne se développe, épousait le littoral. "Nous avons un port dans la gueule d'une ravine (celle de Saint-Gilles)". Ce sont enfin des habitations que l'on trouve dans des postures "improbables, suspendues au-dessus d'une ravine", exemplifie Huguette Bello.
Au regard de la trajectoire du cyclone, dont l'oeil est passé à 10km des côtes, le bilan reste modéré. 121 dossiers sollicitant les fonds d'urgence d'Etat ont été déposés. La mairie joue les facilitateurs en mettant à disposition des écrivains publics. "De nombreux foyers ne sont pas assurés", regrette Huguette Bello, même si elle dit comprendre que le poids d'une assurance pèse parfois "lourdement" sur les ménages qui font une croix sur cette dépense.
Eau: 10 millions d'euros à trouver pour éviter les pannes sèches
Saint-Paul c'est aussi, à l'instar de beaucoup d'autres communes, des abonnés privés d'eau. 75% des 32.000 clients ont dû faire sans eau courante le 2 janvier, au pic de la crise. L'équation est simple : la régie des eaux, La Créole, gère 27 stations de pompage mais seulement 10 ouvrages sont munis de groupes électrogènes, dont cinq sont mobiles. D'autant, concède Patrick Pellegrini, directeur délégué de la Créole, que "pour déplacer ces groupes électrogènes il faut des grues de levage". Bref, on est loin du groupe qui peut dépanner une habitation. En fonction de la puissance délivrée, un groupe électrogène coûte entre 200 à 500.000 euros. Il faudrait 10 millions d'euros pour combler le delta des stations non équipées. "L'Europe intervient peu sur ce genre de questions", rappelle la députée-maire.
S'il reste à faire, les adjoints d'Huguette Bello invitent à regarder ce qui a été réalisé depuis 2008. A commencer par "l'élagage préventif, le curage des caniveaux ou encore la progression du réseau d'évacuation des eaux pluviales", rappellent Emmanuel Séraphin et Jean-Marc Gamarus.
Bejisa restera également comme le cyclone qui aura vu 110 personnes hébergées en centre d'urgence et des colis alimentaires distribués (via les associations) aux habitants sinistrés de Mafate. La liste des dépenses de réparation ne serait pas exhaustive si l'on omettait d'évoquer l'ardoise qui incombera à d'autres partenaires institutionnels comme le TCO (2 millions d'euros) et la CCIR (6 millions).


