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Drame du Parc Boisé au Port: le syndrome "qui a tué Davy Moore"

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 8 janvier 2014 à 11H15

Une polémique a surgi dans la presse à l'occasion de la disparition tragique du petit Kellian, retrouvé noyé dans le bassin aux eaux croupissantes du Parc boisé au Port. Je parle du syndrome "qui a tué Davy Moore" en référence à la chanson d'un artiste ayant séjourné à une époque au Port, Graeme Allwright.

En effet, cette chanson traite de l'hypocrisie des différents protagonistes d'un match de boxe qui s'achève par le décès d'un des boxeurs. Arbitre, spectateurs, manager, journaliste et adversaire se dédouanent tour à tour, excluant toute responsabilité dans le drame.

Les paroles du premier couplet sont évocatrices : "Qui a tué Davy Moore? / Qui est responsable et pourquoi est-il mort? / C´n´est pas moi, dit l´arbitre, pas moi, / Ne me montrez pas du doigt! / Bien sûr, j´aurais peut-être pu l´sauver / Si au huitième j´avais dit "assez!" / Mais la foule aurait sifflé / Ils en voulaient pour leur argent, tu sais / C´est bien dommage, mais c´est comme ça / Y en a d´autres au-d´ssus de moi / C´est pas moi qui l´ai fait tomber / Vous n´pouvez pas m´accuser!"

Certains sont allés de leur couplet contre les parents du petit Kellian, coupables d'un manque de surveillance, d'autres contre la mairie, coupable de laisser le Parc à l'abandon, quand certains ont même avancé qu'il faut raser ce parc, ou à défaut, bétonner l'étang qui s'y trouve car ce n'est pas la première noyade.

La mairie se défend en disant notamment qu'elle est en contact avec le Conservatoire Botanique des Mascarins, pour donner un nouveau souffle à cet espace.

Espace emblématique imaginé et créé sous les mandatures de Paul Vergès, en centre ville géographique et à proximité des habitations très sociales, la création du parc boisé avait pour objectif de montrer qu'un lieu de loisirs pouvait être dans un environnement social, où le foncier est très convoité pour de la spéculation immobilière.

Mais il était écrit que l'attractivité de ce parc était liée à sa sécurisation.

J'ai eu à côtoyer l'équipe municipale conduite par Pierre Vergès dans les années 90. Il est bon de rappeler que le maire de l'époque avait fortement souhaité que le Parc boisé soit clôturé, afin de mieux contrôler les entrées possibles, d'interdire la circulation automobile, voire des deux roues, soit éclairé en soirée, mais pas jusque très tard, et surveillé par des agents de sécurité. Pierre Vergès avait même proposé que soient installés des kiosques où pourraient se retrouver des habitants adeptes de jeux de dominos par exemple, qui auraient été des "sentinelles" épaulant les agents chargés de la sécurité.

Cette ambition aurait par exemple permis aux nombreux adeptes de la pratique sportive, de plus en plus de femmes d'ailleurs, de fréquenter ce parc. Et plus il y a de monde, plus il est difficile pour des délinquants de sévir.

L'argument opposé par certains élus était... le coût de la clôture du parc ! À cela, je me rappelle que Pierre Vergès avait opposé que la ville pouvait innover en optant pour une réalisation progressive d'une clôture végétale épaisse, renforcée par des blocs de galets - i mank pa lo roches au Port - plutôt qu'une imposante grille.

Pierre Vergès parti, les élus favorables au "minimum syndical" l'ont emporté. Pas de clôture pour mieux surveiller les allées et venues aux entrées bien identifiées du parc. Résultat : on entre où on veut, quand on veut, et comme on veut dans ce qui est aujourd'hui mal perçu par beaucoup de gens.

Et cela, hélas, va aller de mal en pis, quand on voit comment les responsables de cette situation bottent en touche.

Un ancien acteur de la ville, toujours amoureux du Port

 

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