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Les entretiens de Gilette Aho: Vanessa Miranville

Gilette Aho a interviewé trois candidates aux municipales à la Réunion: Nathalie Bassire, Claudy Fruteau et Vanessa Miranville. Aujourd'hui, retrouvez son entretien avec Vanessa Miranville:
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 18 décembre 2013 à 14H23
Son élégante silhouette s’imprime parfaitement sur le papier glacé de la presse ; son image, sa voix transpercent écrans et micros. Vanessa Miranville est depuis plusieurs années une militante connue dans le landerneau local pour ses convictions écolo et aussi son franc parler. Sa liberté de penser l’a poussée vers sa ville d’origine, la Possession. Seule, elle a constitué un groupe de citoyens et décide de se présenter comme maire de la Possession. Tenace, constante, son discours est nouveau, ses propos sont concis, ses idées sont claires, ses projets sont réalisables, il lui manque juste l’aval des Possessionnais. En attendant, elle mène campagne avec ses colistiers qui sont de droite, de gauche, du centre et aussi des verts. Son comité de soutien a rassemblé 3.000 signatures. Sa candidature sortira des urnes ou pas. 
 
Qu’est-ce qui a motivé votre participation à l’élection municipale ?
 
Ma candidature a un double objectif : démontrer qu’une jeune femme est capable de rassembler autour d’elle des citoyens désireux de travailler sur des idées novatrices et fédératrices pour leur ville tout en démontrant que l’échiquier politique peut être renouvelé par des convictions autres qui nous sont imposées depuis plusieurs décennies. Mon adversaire à la Possession est le candidat-type de cette classe politique étiquetée et fermée qui s’est approprié la ville. On en vient même après son premier meeting de campagne à se demander si il ne souhaite pas passer le flambeau à son fils. Or, la ville n’est pas une entreprise familiale, ni un bien que l’on transmet de père en fils. Les Possessionnais ne sont pas dupes. Depuis plusieurs années, je travaille sur le terrain et en mars prochain les habitants décideront.
 
Quelles sont vos propositions pour la municipalité qui vous différencie des autres candidats en lice ? 
Je suis écologiste humaniste au plus profond de mon âme. Mon objectif principal n’est pas la protection de la nature en soi mais le bien être de tous et l’avenir de nos enfants. Quelle société allons-nous laisser aux enfants qui grandissent actuellement ? Nous sommes une quarantaine de personnes à travailler sur le projet municipal. L’attente de la population est grande. Nous ne voulons pas d’une piscine à 11 millions d’euros sur notre commune, mais deux piscines de taille moyenne dans deux quartiers différents. Ce genre de projet colle aux besoins de la population. Nous n’allons pas nous lancer dans des actions mirobolantes comme nous promettent les partis politiques. Notre force, notre groupe, font déjà notre différence. Nos projets sont de taille humaine et correspondent à la vie de chaque quartier.
 
Est-ce que la condition des femmes réunionnaises vous préoccupe ?
Malheureusement la victimisation des femmes est réelle de par le taux des violences faites aux femmes dans notre société. Un taux trop élevé sur un petit territoire comme la Réunion. Tant que les élus en place n’établiront pas un véritable plan pour faire face à ce fléau, les femmes subiront des actes barbares ; Il n’y a pas seulement les violences faites aux femmes, il y a aussi les naissances précoces, le manque de prise en considération des jeunes. Une réflexion est indispensable à mener. 
 
Pensez-vous qu’une forte participation des femmes aux différentes élections peut aider les hommes à voir la société autrement ?
 
De voir la représentation féminine au plus bas dans la sphère publique et privée est une chose qui me désole. À l’Assemblée nationale, il y a tout juste seulement 27% des femmes ! La loi sur la parité était au départ une excellente initiative mais lorsqu’il s’agit d’affecter des sièges en interne les hommes se partagent les responsabilités. La parité imposée est détournée ! Les femmes ont une sensibilité différente, elles ont une empathie plus développée que les hommes mais hommes et femmes ont chacun leur place. Les hommes n’ont pas à nous laisser une place. C’est à nous, femmes de prendre notre place. Et moi je la prends dans le respect des uns et des autres.
 
Le 30 mars 2014, vous devenez maire de la commune quelle serait votre première initiative en tant que maire, en tant que femme?
 
Une journée portes ouvertes sera organisée à la mairie. J’ouvrirais le bureau du maire à tous les citoyens de la ville: Les habitants de la Possession pourront venir, se faire photographier, assis dans le fauteuil du maire, cela symbolisera que le pouvoir est à nouveau entre les mains des citoyens. Je mettrais des femmes à l’honneur une journée par mois à travers des initiatives relevant des compétences de la mairie telles que le sport, l’emploi, l’éducation...

 

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