Les gérants de stations-services : "La rumeur, on la subit !"

Après avoir été [prises d'assaut pendant plusieurs heures]urlblank:http://www.zinfos974.com/Les-stations-services-prises-d-assaut-suite-a-une-rumeur_a65493.html après la propagation d'une rumeur de grève s'étendant sur plusieurs jours, le calme est revenu dans les stations-services de l'île.
Il a toutefois fallu l'intervention de Gérard Lebon, président du syndicat des gérants des stations-services, sur la radio de tous les automobilistes, Freedom, pour que ceux-ci cessent peu à peu d'affluer vers les stations. Contacté par téléphone, Gérard Lebon ne cache pas sa stupéfaction vis à vis de cette rumeur. "Je la subis, cette rumeur, parce qu'elle fout le bordel dans le fonctionnement des stations-services", souligne-t-il d'emblée.
A la station Engen de la rue Bois de Nèfles, à Saint-Denis, les pompes ont été comme partout prises d'assaut suite à cette rumeur. Joëlle, la gérante, souligne que "d'après les informations des clients, la rumeur est partie de Facebook, en disant qu'on allait faire la grève. C'est un mensonge total puisque nous mêmes on était chez les pétroliers, on a vu Gérard Lebon et il n'en n'est rien, il n'y a aucune grève en cours".
"A qui profite la rumeur ?"
Pour la gérante, la rumeur vient probablement "d'un p'tit rigolo". "Il y a probablement des gens qui passent leur temps sur l'ordinateur a raconter des conneries". Même son de cloche pour Gérard Lebon : "Il faut se poser la question : à qui profite la rumeur ? C'est peut-être un client mécontent de notre mouvement qui a voulu se venger en essayant de foutre le bordel dans les stations. C'est la seule idée qui m'est venue, pour l'instant.".
Justement, sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes accusent directement ou indirectement les gérants de stations-services d'avoir fait circuler la rumeur, dans le but de rattraper les jours de grèves.
Pour Gérard Lebon, c'est un faux procès : "On a aucun intérêt à balancer de telles rumeurs. On a fait une grève mardi, le lendemain les stations ont bien fonctionné. Je ne vois pas pourquoi j'aurai lancé une rumeur le surlendemain", explique le syndicaliste. Ce dernier souligne que, financièrement, l'affaire n'est pas forcément bonne pour les gérants. "Pendant trois jours, nos employés vont se tourner les pouces car tous les automobilistes de la Réunion ont fait le plein", ajoute-t-il.
Pas de grève prévue, Lebon devrait rencontrer Lurel à Paris
La gérante de la station de la rue de Bois de Nèfles, est du même avis : "On n'a pas notre temps à perdre pour jouer à ce jeu là. Nous, ça ne nous arrange pas du tout ce fouillis qu'il y a sur les stations. Dans ces moments là, on perd de la vente sur les boutiques. Nous notre but, c'est de servir nos clients correctement. Ils viennent faire leur plein, ils viennent faire un petit tour dans la boutique, achètent une boisson, un paquet de cigarettes, on discute...
Alors que là, c'est la folie totale, on est obligé de faire attention, car c'est dans ces moments là que l'on récolte le plus de chèques sans provision. On a plus d'ennuis qu'autre chose, ça ne nous arrange pas du tout. Maintenant les gens qui pensent que nous sommes des mauvaises personnes, hé bien tant pis. De toute façon, c'est toujours la faute des gérants et jamais celle des autres", lance Joëlle, désabusée.
Gérard Lebon le confirme encore à qui veut bien l'entendre : "a priori, il n' y aura pas de grève, ni en fin de semaine, ni la semaine prochaine". Le gérant nous annonce d'ailleurs qu'il doit, avec l'intersyndicale des gérants de stations-services des DOM, se rendre à Paris la semaine prochaine, afin de s'entretenir avec le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel. Objet des discussions, le fameux projet de décret sur les carburants qui est dans le collimateur des gérants de stations-services.


