20 futurs infirmiers envoyés en métropole avant d'être recrutés à La Réunion

Un billet d'avion aller-retour en métropole, une allocation d'installation de 800 euros, une rémunération mensuelle nette de 700 euros, une promesse d'embauche à son retour sur l'île... Ce n'est pas pour n'importe qui. Sur la centaine de dossiers reçus, 48 sont éligibles et seulement 20 étudiants partiront. "Nous cherchons des personnes motivées, qui veulent vraiment exercer ce métier et qui ont envie de travailler pour Clinifutur", explique Jeanne Loyher, directrice régionale de Clinifutur, le groupe de santé et d'hospitalisation privé qui comprend la clinique Sainte-Clotilde, Saint-Joseph, Saint-Vincent, Jeanne d'Arc, de la Paix et la société de dialyse.
Avec l'aide de Ladom et de la Région, les premières sélections débutent dès aujourd'hui, et les premiers étudiants partiront dès le 24 novembre. Une étape sera passée en cycle préparatoire au concours à l'IFCASS (l'Institut de formation aux carrières administratives, sanitaires et sociales) de Dieppe, puis le reste du cursus à l'IFSI (Institut de formations en soins infirmiers). Une fois la formation réussie, la personne devrait être préparée à son intégration professionnelle à La Réunion.
Pourquoi une telle opération? 2300 inscrits au concours cette année, 220 personnes prises dans les deux écoles de l'île, 200 personnes sur listes d'attente, et "toujours pas assez d'infirmières dans le secteur privé", assure Jeanne Loyher. Pour cause, "des salaires moins élevés et une sécurité de l'emploi perçue comme moins certaine que dans le public", selon la directrice régionale du groupe. "Notre turnover est de 70% avec une durée de vie d'un emploi de 9 mois, insiste-t-elle. Nous voulons aussi donner une chance à ces personnes en liste d'attente".
40.000 euros par personne
Pour Caroline, 19 ans, c'est la meilleure option. "J'ai l'impression que les formations sont meilleures en métropole et ça fait deux ans que je suis inscrite au Pôle Emploi et je n'ai toujours rien ici", raconte-t-elle. "Trois ans en métropole ce n'est peut-être pas évident, mais quand on sait qu'il y a quelque chose au bout, c'est motivant".
"L'idée est donc d'anticiper et de pérenniser ces emplois, ajoute Alexandre Imhoff, directeur régional de LADOM, et pour cela nous avons obtenu une GPEC (gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences) de 300 emplois prévus pour Clinifutur jusqu'en 2017".
Les financements de la Région, de l'État, et du Fonds social européen ont rendu possible le déblocage de la somme de 40.000 euros environ par personne et pour une période de trois ans.
Les derniers entretiens se tiendront le vendredi 15 novembre.


