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Les bateaux de l’horreur : Ça va s’amplifier !

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 13 octobre 2013 à 09H40

A trois jours d’intervalle, deux embarcations sommaires chargées d’immigrants coulent en Méditerranée. Il y a des années que cela dure. On ne sait combien d’engins similaires ont coulé sans que le monde entier le sache. Ces statistiques honteuses ne sont jamais divulguées. Plus près de nous, les kwassa kwassa coulent chaque semaine entre Anjouan et Mayotte.

Tous ces malheureux ont mis leurs maigres économies dans ce voyage de la dernière chance, leur dernier voyage tout court. Partir le cœur gonflé d’espoir pour finir les poumons gorgés d’eau…

Il y avait-il moyen d’éviter ces horreurs qui, hélas, vont continuer et s’amplifier ? Il aurait fallu alors commencer voici quelques siècles ! Pourquoi ces gens dépensent-ils quelque 3 à 4.000 dollars ? Parce que chez eux, ils savent qu’ils sont au bout du chemin, au bout du rouleau. Mais pourquoi sont-ils ainsi sans espoir dans leur propre pays ?

Il faut alors ne pas se voiler la face et admettre que l’Afrique en est à son troisième pillage organisé.

Premier pillage : on a ôté à l’Afrique ses forces vives. Ce fut l’esclavage. Une monstruosité.

Deuxième pillage : la colonisation. On a volé à l’Afrique ses matières premières. Le cacao de Côte-d’Ivoire n’a jamais enrichi que les chocolatiers belges, suisses, français, américains. L’ébène, le bois de rose, l’acajou, le teck, essences dites nobles, ont enrichi les sociétés occidentales fabricantes de meubles de luxe. Le pétrole d’Ethiopie, de l’Oural, des Balkans, a enrichi les "sauveurs de l’humanité" luxueusement logés à Moscou. Car il ne faudrait surtout pas les oublier, ces tenants de lendemains meilleurs.

Troisième pillage : les forces intellectuelles. Cela se passe actuellement. On paye aux meilleurs étudiants du Tiers-Monde des études poussées en Occident. Ensuite, au lieu qu’ils aillent en faire profiter leurs pays d’origine, on les embauche, pour des salaires indignes de leurs qualifications, dans nos entreprises, nos hôpitaux, etc.

A Madagascar, les immenses ressources minières de ce formidable pays enrichissent les mafias allemandes (mines de saphir de Fort-Dauphin), sud-est asiatiques (diamant d’Ilakaka)…

La mondialisation économique, la loi des marchés, la globalisation, contre lesquelles aucune puissance n’a le courage de lutter, va continuer à effectuer ses ravages.
On sait qu’il y a assez de richesses naturelles et d’argent, dans ce monde, pour éradiquer les épidémies, la misère, la famine. Que faut-il pour cela ? Une volonté, juste une prise de conscience globale. Un front uni contre la merde !

Il ne faut pas accuser la droite (que je n’aime pas) ni la gauche (que je n’aime pas plus), ni leurs extrêmes (que j’abhorre). Ils n’y peuvent rien : pas assez de "roubles ignobles" pour attaquer de front les multinationales qui gouvernent à leur place. Surtout qu’ils y trouvent largement leur compte, compte personnel, je veux dire.

Je l’ai déjà dit, je le répète et je le répèterai sans cesse, quoi qu’il puisse m’en coûter : cela s’arrêtera quand il y aura un autre 14-juillet… à l’échelle mondiale. Car aucun pays ne s’en sortira seul. La Réunion ne vivra pas mieux tant que la France ne vivra pas mieux. La France ne vivra pas mieux tant que le monde n’ira pas mieux. Mon rougail conservera un goût amer tant que mon frère malgache ne pourra déguster un romazava quand il veut !

Aux armes, citoyens… du monde.

 

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