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Hommage à Max Gobetti trop tôt parti !

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 14 août 2013 à 17H36

Tu étais de ces Zoreils devenus tellement créoles, ayant si bien adopté notre mode de vie insulaire, séduisant et dangereux, qu’ils s’y sont fondus une fois pour toutes.
Tu étais de la race des La Selve, Lavergne, Vaxelaire, Genvrin… qui se sentent si bien chez nous qu’ils s’y croient chez eux. Et le sont bel et bien. Tu étais bien chez toi chez nous, Max.
Tu m’avais accordé ton amitié et, mieux encore, la faveur de jouer avec toi sur scène. Ainsi, dans le restaurant de notre ami Harry Pitou, nous avions animé des bals du 3è âge. Comme tous les grands musiciens avides de partager leur art avec des néophytes, tu avais concédé au tâcheron que je suis l’insigne honneur d’accompagner le grand Max Gobetti. Pour toi ce n’était rien ; pour moi c’était tout. Je jouais « Apache » quand toi tu te riais de « L’ode à la joie » !

Puis tu m’as expliqué que « la musique est un tout, elle est tout » !
Devenu plus que créole, tu avais totalement intégré à ton jeu la façon « d’entrer dans le morceau », tel que l’avait enseigné Loulou. Tu es si bien devenu l’un d’entre nous que tu as composé un des plus beaux ségas de tous les temps.
« Ti fille-là », quelle merveille que ta chanson, Max ! Tout y est, le tempo, la cadence, le « piqué ». Pour envelopper ta musique, tu as choisi les meilleurs. Le grand Daniel Vabois pour les paroles. Le banjo de l’autre Max, ti-Dormeuil, quel talent ! Et pour magnifier ta musique, tu ne pouvais trouver mieux que la très talentueuse Geneviève Sévagamy à la voix d’or, dont la plastique est un chef-d’œuvre d’esthétique à mes yeux jamais égalé. Le résultat restera à jamais un des plus beaux hommages de tous les temps à notre Femme créole. Héva, Célimène, et toutes les autres, se retrouvent ainsi à travers ta chanson, pour nous rappeler que les misérables couillons que nous sommes ne seraient rien sans elles.

Tel quel, tu t’inscris dans la noble lignée des auteurs qui ont écrit leurs plus belles phrases à la gloire de nos femmes : « Tit’ fleur aimée »… « Nounoute »… « Anelise »… « Aniel »… « Fifine »…
Tu pars sans prévenir, discrètement comme tu as toujours vécu, avec ton grand sourire si chaleureux. Tu nous manques déjà, Max. La musique réunionnaise est orpheline désormais, comme elle le fut chaque fois que disparurent Loulou, Arlanda, Luc, Jeannette…

Bonne route à toi, mon ami. A un de ces quatre…

Jules Bénard

 

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