Rezistans aux soubresauts du PCR

Au besoin de clarifier ses positions, le PCR vient d'avouer implicitement avoir tenu des positions peu claires et souvent contradictoires pour les siens. Mais le plus révélateur n'est-il pas de le faire à l'approche de deux visites d'importance sur notre île (François Chérèque-François Hollande) et surtout d'omettre de le communiquer auprès de ses satellites (AJFER, ARCP, CGTR, et autres ventouses associatives subordonnées) chargés de maintenir un climat social malsain et tendu, pour faciliter et aboutir à la même conclusion politique : " Nous allons vers l'explosion sociale, attention...."
Quant à la lubie d'Ericka Bareigts elle tombe à pic : c'est une honte de vouloir modifier un certain alinéa, qui semble déranger des esprits machiavéliques. C'est presque parricide pour elle, mais une aubaine pour le PCR. Avant d'obtenir une vraie gouvernance régionale ou plus d'autonomie régionale, il est nécessaire a priori de poser certaines questions et de s'apercevoir que les 3/4 des réponses, à nos légitimes revendications et inquiétudes, sont négatives contrairement à ce que nous pourrions attendre réellement de la gouvernance régionale avec la disparition de ce fameux alinéa 5. Aussi, faire sauter ce verrou favoriserait surtout la disposition de provoquer un referendum statutaire dans moins de 10 ans, ce qui n'est pas la situation souhaitable. La décentralisation acte III n'est-elle pas suffisante ? Est-ce si urgent de shooter l'alinéa 5 alors qu'on a été incapables de gérer les différents actes de la décentralisation sur plus de 40 ans ?
C'est l'instabilité politique qui annoncera l'inévitable instabilité statutaire. La Nouvelle-Calédonie et la Guadeloupe sont les meilleures exemples de ce qui faut éviter. Elles sont presque obligées bientôt d'aller jusqu'au bout de leur démarche autonomiste.. Mais ces Terres françaises profiteront, contrairement à nous, de la proximité de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, qui donnent à la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, une perspective sereine dans l'évolution statutaire.
De l'autre côté, les Antilles à proximité du continent américain, ont de sérieux atouts que ne possède pas la
Réunion en terme géopolitique. Les seuls pays aptes à nous offrir leur aide et leur protection ne sont pas les plus proches (Chine, USA, Arabie Saoudite, Qatar...)
Non le PCR ne travaille pas à la stabilité de nos institutions ni à la stabilité sociale, ni à la clarté des débats. Il travaille pour sa suprématie, surtout pour garder la main-mise sur le social et les milieux associatifs pour son retour à la Région et à recouvrer sa prédominance politique perdue depuis 2010 au profit des socialistes. Faire croire que seul le PCR a les solutions d'avenir et que sans lui, toute construction éco-politique est vouée à l'échec, voilà l'obsessédante obsession du PCR.
Que dire de la direction collégiale du PCR à quatre ? Est-ce à dire qu'il faut être à 4 pour remplacer les deux patriarches qui se sont succédés ?
Si le PCR a été et reste un Parti essentiel dans les nombreux débats essentiels pour le développement de la Réunion, relever les défis (démographique, agricole économique, éducatif, environnemental, sécuritaire et touristique) ne peut se faire en favorisant le maintien du désordre social et la zizanie politique.
Les forces du Progrès sont nombreuses et ne se résument pas aux seuls PCR et PS. Laissons la parole d'abord aux acteurs économiques, sociaux, associatifs, éducatifs et à la population. Cessez de diviser les Réunionnais pour se saisir du pouvoir. Aussi, ne laissons personne confisquer la parole du peuple ni en devenir son seul interprète. Gardons-nous de sombrer dans la discrimination, le corporatisme et le lobbyisme.


