Désespoir au Texas : on n'exécute plus !
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La nouvelle est passée inaperçue et serait presque comique. L’État du Texas, comme les 49 autres des États-Unis, dispose de ses propres lois pénales. Il en est un des rares à encore appliquer ce barbarisme qu’est la peine de mort. Or, et c’est le drame dans toute son horreur, malgré ses énormes revenus pétroliers, le Texas n’a plus de substances létales, ces produits chimiques que l’on injecte aux condamnés à mort.
Où va-t-on si on ne peut plus exécuter à tête reposée ? Dans un pays où l’on a horreur des objets qui résistent bêtement à l’intelligence humaine, voici que la chimie interfère dans les affaires du peuple ! Du temps des joyeuses pendaisons publiques, au moins, on ne risquait pas ce genre d’inconvénients ; il y avait toujours un lasso à portée de main. Les condamnés à mort prennent la nouvelle avec une ironique philosophie qui rend les matons fous de rage.
Comment un pays qui fait de la si belle musique, dont tant de valeureux guerriers sont « venus mourir en Normandie », pour y lutter contre une barbarie, peut-il avaliser cette autre barbarie qu’est une tuerie légale ?
Il n’est peut-être pas inutile de préciser que cet Etat a eu pour gouverneur une personnalité intellectuelle de tout premier plan, un monument de finesse et de culture, l’ex-président George W. Le Bouché (ou boucher, ou Bush pour faire aussi simpliste que lui-même).
Rappelons que ce monstre d’altruisme et de générosité s’est étranglé avec un bretzel quand un de ses conseillers lui a appris qu’il avait confondu Iran et Irak lors d’un discours public. Le bretzel a été condamné à mort et le conseiller viré pour insolence. Les Texans ont su lutter contre Santa Anna (remember Alamo) mais n’ont pas pu se garantir contre Bush.
C’est peut-être le moment de leur expédier un plein container du « Dernier jour d’un condamné » ? Et d’y adjoindre quelques exemplaires d’un texte vibrant de notre Badinter national.
Lucien de Baskerville


