Samuel, droite, gauche : le bal des vampires
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
Tous à mettre dans le même sac ! Tous des charognards ! Tous des récupérateurs ! Ils sont comme des chiffonniers se disputant autour d’une dépouille tant qu’elle est encore chaude. Ils me donnent envie de vomir tous autant qu’ils sont.
Samuel mon Kaf, je t’ai expédié plusieurs SMS de soutien car ton combat est noble. Il l’est toujours mais aujourd’hui, sans t’en rendre compte, car ta naïveté est aussi infinie que ta gentillesse et ton idéalisme, tu fournis de l’huile à ceux qui entretiennent le brasier.
Ceux-là mêmes qui te soutiennent si ouvertement aujourd’hui t’ont tourné le dos, vilipendé, méprisé des années durant. Mais en ces jours où tu souffres, tu leur sers sur un plateau en or l’occasion de se remettre en selle en vue des élections qui approchent.
Cette droite si (apparemment) unie derrière toi, c’est elle qui a voté la suppression du RSTA. Le monde à l’envers : ils demandent le rétablissement d’une mesure sociale qu’ils avaient décidé de supprimer. La bande à Hollande, trop heureuse de l’aubaine, a sauté sur l’occasion de ratiboiser un peu plus les pauvres en disant : « C’est pas nous, c’est la bande à Sarko ». C’est vrai mais ils auraient pu ajouter que ce qu’une loi a fait, une loi peut le défaire. Ils s’en garderont bien, trop heureux de se faire cautionner par leur adversaire. Droite, gauche, même combat contre les pauvres… au lieu de se battre contre la pauvreté.
De les voir tous à ton chevet fout la nausée, parce que si ça, ce n’est pas de la récupération, qu’on me dise ce que c’est.
« Récupération ». C’est le pleureur de Saint-Leu qui l’a hurlé en premier devant micros et caméras. Il a trouvé la parade, celui-là : quand on lui met le nez dans son… dans sa… oui, dans ça minm’, il se victimise, hurle au complot, se roule par terre, se flagelle. Et ses laudateurs en rajoutent des louches à la radio (il leur paie le téléphone au moins ?) Il y en a une qui vient de causer 13 minutes au moment où j’écris, c’est Bobby qui a chronométré.
Nassimah ? Il y a des élections bientôt, mais où était-elle lors de l’affaire de l’ARAST ? En face, tout près mais contre aussi, totalement contre « la vermine qu’il fallait balayer » (sic !) Ses actuels alliés de droite ? A l’époque, ils voulaient la dégommer mais n’ont rien fait pour l’ARAST : ils n’avaient rien à gagner. Les seuls politiques qui sont venus sont René-Paul, Cyrille et Vanessa, point.
Farreyrol ? Pour une fois qu’on la voit, dans son île qu’elle paraissait tant aimer. Ne restent plus que des frusques inutiles. Elle est comme sa copine Nassimah, quand il y a les caméras, elle est là. Mais lorsqu’on les sollicite, du fond du caniveau, la voix résonne dans le vide, nous sommes nombreux à pouvoir en témoigner. Même leur portable ne répond pas aux SMS d’appels au secours. Pas assez médiatique.
Certain sénateur-maire va jusqu’à se faire accompagner de bus chargés à ras-bord d’employés et sympathisants qu’il a chaleureusement « invités » à venir avec lui. Ce qui ne l’empêchera pas de les jeter comme des chaussettes sales lorsqu’il aura fini de s’en servir, j’en sais quelque chose.
Samuel, cette droite si prévenante à ton égard est la même qui était (est toujours) aux ordres du ludion qui sévissait à l’Elysée voici un an. Sous le règne de ce dernier, les sociétés du CAC 40 ont, au minimum, doublé leur fortune en 4 ans alors que ceux que tu défends si généreusement se sont enfoncés chaque jour dans un marasme dont on ne voit pas bien comment en sortir… sinon par un autre 14-juillet mais à l’échelle mondiale cette fois.
Je vais plus loin que toi : il ne faut pas seulement rétablir le RSTA, il faut donner au moins un SMIC à chaque famille dans le besoin. L’argent existe, il suffit de le prendre là où il est. Mais là, droite gauche confondues, ils n’ont pas assez de cerises pour s’y attaquer. Et puis, ils profitent largement du gâteau. Ce sont les travailleurs qui font la richesse de l’entreprise ; il serait normal qu’ils en profitent enfin. Sinon, ce n’est pas la peine d’avoir peaufiné une civilisation pendant des millénaires pour en arriver au point désastreux où nous sommes aujourd’hui.
Voilà, Samuel, c’est ma façon à moi de te dire que l’on t’aime mais qu’il est navrant de voir un être sincère brandi comme caution électorale par ceux qui le méprisent sous cape. Tu as fait ce que tu pouvais mais ta foi ne soulèvera pas des montagnes d’abrutis. Fais tienne la devise bien connue : « Dieu me garde de mes amis. Mes ennemis, je m’en charge ! »
J’ai depuis longtemps cessé de compter le nombre des miens. Bien à toi, Samuel. Ton ami
Jules Bénard


