"On veut m'abattre": Pauvre député-maire

Il a bien failli m’arracher des larmes… d’énervement, de rage, le Thierry Robert. Le voici maintenant qui s’apitoie sur lui-même, en appelle au peuple et aux mânes de nos ancêtres : « Nout’ z’ancêtres la donne zot sang ». Tout ça pour dire, sur les ondes de la radio, que les autres, c’est rien que des méchants, na !
On n’a pas le droit, même aussi peu réfléchi soit-on, de donner à fond la gomme dans l’auto-louange en pariant sur la faculté des gens à pleurnicher sur le sort d’un pauvre malheureux qui ne fait que dire la vérité. Parano quand tu nous tiens… Le pire est qu’il est si bon comédien qu’il nous ferait presque parier sur sa sincérité.
« On veut me casser. On veut m’abattre politiquement », parce qu’à l’Assemblée, ministres et députés ne l’ont pas pris au sérieux, certains allant même jusqu’à se fiche ouvertement de sa tête. Lurel, par exemple. Mais Thierry Robert a horreur de n’être pas considéré comme interlocuteur valable. Forcément, quand on se met à genoux devant les grilles de la préfecture, on passe plutôt pour un comique irresponsable que pour un politicien droit sous son chapeau. Quand on dit ouvertement qu’on est prêt à s’exiler à l’étranger pour ne pas casquer d’impôts, pour un élu de la République, ça la fout mal. Qu’un Depardieu le fasse, c’est son affaire. Robert, lui, a pour charge de veiller au respect des lois votées par lui-même ! En sa qualité d’officier de police, en outre, il devrait ordonner sa propre mise en garde à vue. Ubu n’est pas mort.
« On veut me faire taire parce que je dis la vérité ». Et voici qu’il se prend pour saint Jean-Baptiste, avec une nuance de modernité : on ne va pas lui couper le cou, non, « on veut me tirer une balle dans la tête ». Comme si les balles ne coûtaient pas assez cher pour être gaspillées sur une cible si peu attrayante !
Dommage pour nous qu’on veuille l’assassiner car la relève des comiques professionnels se fait attendre et qu’il présente d’assez belles dispositions. Mais grave erreur de notre part, sa finalité, il la donne volontiers :
« La défense des autres, la politique, c’est ma vocation, mon sacerdoce ». Comment une telle évidence a-t-elle pu ne pas nous sauter aux yeux ? Surtout qu’il vient de dire, juste avant, qu’il n’en a rien à foutre (je traduis de mémoire) et qu’il a du boulot à revendre (et du fric aussi).
« Moi, je dis la vérité, je dis tout ». Ah oui ? Vraiment ? Pourquoi alors ne parle-t-il pas d’une journaliste tabassée par ses nervis et sa propre famille ? Pourquoi envoie-t-il ses scribouillards bavasser à sa place dans les courriers ? Il ne sait pas écrire ?
Allez, on va quand même le remercier : les occasions de rire ne sont pas légion, il ne faut pas en rater une, même la plus approximative des à peu près !
Jules Bénard


