La colonisation des esprits

Le 9 juillet la presse locale a abondement commenté avec photos à l'appui deux évènements politiques qui conditionnent en partie l'avenir de ce département. Il s'agit du congrès du P.C.R et du rassemblement des dirigeants du Progrès ( .P.S) version "Black- and white"
En qualité de réunionnais qui a vécu et souvent subi l'évolution politique et sociale de ce pays, je n'ai pu m'empêcher de réagir sur le choix des secrétaires généraux du P.C.R et sur les illustres représentants du Progrès.
Voici donc deux partis de gauche qui revendiquent la représentativité et la charge de défendre en priorité les travailleurs et les laissés pour compte de la politique économique qui sont représentés uniquement par des hommes qui ne personnifient nullement la sociologie réunionnaise. Ils pensent que les autres composantes de cette société seraient incapables de faire aboutir les revendications de la classe ouvrière.
Personne n'a réagi à cette représentativité tellement elle fait partie du paysage réunionnais .C'est un sujet tabou, et nous sommes dans cette normalité qui fonctionne toujours et ce, en dépit de la départementalisation. Le esprits sont toujours imprégnés d'une certaine hiérarchie héritée du passé, entretenue par tous les décideurs et les partis politiques..
C'est le mirage de l'entente et du vivre ensemble mis en scène, avec une dose de démagogie, par tous les hommes politiques pour camoufler leur volonté de maintenir cette hiérarchie. On mesure ainsi l'ambivalence des discours de ceux qui prétendent défendre " La préférence Régionale" véritable leurre électoral qui est recyclé sous différentes appellations. C'est encore une spécificité locale qui ruinera tôt ou tard toute espérance attendue de la tolérance.
Le fonctionnement de la société réunionnaise illustre parfaitement la déclaration de Pap Ndiaye " L'esclavage a disparu, la hiérarchie sociale et raciale s'est maintenue" (Le Monde du 6.6.13.)
On comprend mieux pourquoi ces mêmes hommes politiques ne veulent pas faire abolir certains privilèges hérités de la colonie . Le passé est donc toujours présent.
Valère de Saint-Pierre.


