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6 mois de prison avec sursis requis à l'encontre de Jean-Claude Lacouture

Ecrit par Prisca Bigot – le jeudi 28 mars 2019 à 20H57

​Jean-Claude Lacouture devait répondre ce 28 mars de harcèlement moral devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre.

C'est en tant que président du CCAS que le maire de l’Etang Salé était accusé par Mireille Malet, l'ex-directrice du centre communal d'action sociale.

Suppression de primes, destitution puis affectation à un nouveau poste, Mireille Malet est progressivement mise au placard sur une période allant du 14 septembre 2015 au 13 août 2017.  

Plusieurs épisodes de la vie du CCAS ont été exposés ce jeudi après-midi à la barre du tribunal. La directrice a par exemple expliqué avoir constaté que son autorité était régulièrement sapée. Un fait vient illustrer cela : le lancement d'une procédure d'embauche d'un agent d'accueil alors que le président savait que la structure n'avait pas le budget pour procéder à ce recrutement. 

"Elle n'arrêtait pas de venir pleurer dans le bureau pour le montage du budget alors qu'elle avait reçu une formation pour ça", fait ressortir Jean-Claude Lacouture pour sa défense. "Des douches froides, y'en a partout", a-t-il aussi lancé comme pour mieux justifier les ordres de mission qui peuvent changer du tout au tout en un rien de temps sous sa houlette.

"C’est une erreur de recrutement"

D'autres moments d'incompréhension au sein de la gouvernance viennent illustrer l'embrouillamini ambiante. Le président du CCAS avait ainsi décidé de la fermeture de l'accueil au public plus tôt, le jeudi, pour ensuite reprocher cette mesure à Mireille Malet. A la barre, l'ex-directrice décrit ce qu'elle a vécu : "c'était une chose et son contraire, un ordre et un contre-ordre", et également des récriminations quotidiennes, selon elle.

A son retour de congés le 3 mai 2017 par exemple, le président reprochera à la directrice son absence et l'affectera, sous forme de sanction, à un nouveau poste de chargée de mission. Le comble : c'est un agent avec lequel Mireille Malet avait eu maille à partir qui sera promu directeur adjoint. L'agent en question ne pouvait pourtant se prévaloir que d'un titre d'agent territorial de catégorie C.

Jean-Claude Lacouture, avec ce recul de deux années après cette période délicate au sein de cette structure communale, concède un management plutôt martial. "Je suis conscient que j'ai pu la blesser, la léser, mais il fallait prendre une décision et je n'ai jamais voulu freiner son envie de partir", affirme-t-il lors de l'audience.

Le parquet fera remarquer le contraste entre les mots durs employés par le président Lacouture à l’époque des faits, et notamment dans les mails et courriers ("jérémiades, en pleurs, des tâches à sa hauteur...") et "le caractère extrêmement policé" des réponses apportées par ce dernier aujourd’hui.   

"La confiance avait été trahie des deux côtés"

Le procureur pointe également "la fiche de poste fictive" encadrant les missions de la directrice. Mireille Malet n'avait rien d’autre à faire à part peut être la mise en place du plan grand froid...

Par ailleurs, Mireille Malet était privée d'informations et court-circuitée dans ses décisions. La liste n'est pas finie : elle se verra refuser sa demande de protection fonctionnelle lorsqu'elle avait déposé plainte. Parallèlement, cette protection avait été accordée à son collègue "agresseur" et à Jean-Claude Lacouture. Mais ce dernier dit en avoir bénéficié à travers l'affaire Talon Bishop.

"Finalement, c’est une détestation qui devient permanente au point que chaque mail de Mme Malet devient un piège", a ainsi mentionné le tribunal. "C’est une erreur de recrutement", finira par retenir le parquet en guise de mobile du harcèlement. Jean-Claude Lacouture semblait chercher une personne avec une vision plus politique pour occuper ce poste.

A 20H50, les réquisitions sont tombées : pour ces actes répétés allant crescendo et cet abus de pouvoir, 6 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende ont été requis à l'encontre du président du CCAS. En revanche, Jean-Claude Lacouture n'encourt ni privation de ses droits civiques ni inéligibilité dans cette affaire.

La défense du maire de l'Etang-Salé demande tout bonnement la relaxe en agitant le fait que la "confiance avait été trahie des deux côtés", ce qui constituait pas un délit pénal, selon les avocats de Jean-Claude Lacouture. Délibéré le 25 avril.

 

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