16ème anniversaire du maloya au Patrimoine de l’Unesco : le maloya est mémoire, identité, combat et espérance

- courrier des lecteurs -
Le 1er octobre marque une date importante qui restera gravée dans notre mémoire collective : celle de la reconnaissance du maloya comme patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco.
Cette consécration n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une longue bataille pour faire entendre, comprendre et valoriser une expression culturelle née dans la douleur de l’esclavage.
Le maloya est né dans les champs de canne, dans les cases, dans les marges, comme une plainte, une résistance, une mémoire vivante de ceux qu’on avait voulu réduire au silence. Longtemps, il a été effacé, ignoré, interdit. Mais le peuple réunionnais, par sa ténacité, a refusé d’abandonner cette voix qui porte son histoire.
Le rôle du Parti Communiste Réunionnais fut déterminant dans ce combat, en donnant une place au maloya dans les grandes luttes sociales, culturelles, économiques et identitaires de notre île. Le maloya est devenu une arme de combat, une flamme qui a permis au peuple de se tenir debout face à l’injustice et l’oppression.
On ne saurait oublier les zarboutan, ces femmes, ces hommes, ces artistes, musiciens, écrivains, historiens, Réunionnais courageux qui, au péril parfois de leur liberté, ont maintenu vivant le maloya quand il était relégué à l’ombre. Grâce à eux, cette musique et cette parole n’ont pas disparu. Grâce à eux, nous pouvons aujourd’hui célébrer cette reconnaissance universelle.
Le maloya a façonné l’histoire réunionnaise. Longtemps humilié, il est aujourd’hui reconnu comme patrimoine de l’humanité. C’est une victoire, une belle reconnaissance, mais surtout une revanche de l’histoire. C’est tout le peuple réunionnais qui est entré à l’Unesco à travers le maloya.
Il nous appartient désormais de continuer à transmettre ce bel héritage, à l’ouvrir sur le monde, à le faire résonner dans les cœurs des nouvelles générations.
Le maloya n’est pas seulement un rythme, un chant, une danse. Il est mémoire, identité, combat et espérance.
Fierté pour la Réunion, fierté pou le peuple réunionnais !
Bernard Batou
Militant culturel



