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11,8 Millions d’euros ! … et pourquoi pas 30 de plus ?

Avec une belle unanimité, le Conseil général a voté, mercredi, la création de 1.000 contrats de travail de six mois à destination des mille aides ménagères de l’ex-ARAST aujourd’hui licenciés. Pour la somme de 11,8 millions d’euros prélevés sur la dotation aide aux personnes âgées. Au-delà de toute autre considération (nature du contrat, qui en […]

Ecrit par zinfos974 – le samedi 19 décembre 2009 à 19H18

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Avec une belle unanimité, le Conseil général a voté, mercredi, la création de 1.000 contrats de travail de six mois à destination des mille aides ménagères de l’ex-ARAST aujourd’hui licenciés. Pour la somme de 11,8 millions d’euros prélevés sur la dotation aide aux personnes âgées.

Au-delà de toute autre considération (nature du contrat, qui en bénéficiera, comment cela se mettra-t-il en place, etc ?…) un constat s’impose : 11,8 millions d’euros pour mille contrats de six mois, cela correspond à 23,6 millions d’euros pour les mêmes mille contrats mais pour une durée d’un an. Sans l’encadrement de l’ARAST, selon le conseil général, en « nombre trop important (avec) des salaires élevés » qui « plombaient le budget » de l’ARAST, cet encadrement accusé, en outre, de « mauvaise gestion », « d’incompétence », « d’irresponsabilité », voire de gabegie et autres vilénies

Or, pour l’exercice 2 008, il a été versé à l’ARAST la somme de  22,8 millions d’euros, pour les mêmes aides ménagères ET pour l’encadrement de l’ARAST ; soit 800.000 euros de moins !

Il était donc plus avantageux, pour le Conseil général, de payer l’ARAST avec ses aides ménagères ET son encadrement «budgétivore », que de payer les seules aides ménagères ! Cela va de soi. Il aurait gagné près d’un million d’euros !

Mieux, le collectif qui s’était constitué afin de poursuivre la mission de l’ARAST ne réclamait au conseil général que 18,1 millions d’euros pour une année d’exercice. Soit 5,5 millions d’euros de moins que la dotation votée par le conseil général à l’unanimité. Près de 30% de moins ! Projet de reprise auquel le Conseil général s’est opposé ou plus exactement – ce qui revient au même – n’a pas voulu donner sa garantie.

Par souci d’économie, cela va de soi. « Parce que, comme le disait alors la présidente, je suis garante de l’argent public, je me dois, en bonne mère de famille, de faire en sorte que ces deniers soient utilisés au mieux » !

On le voit à l’usage !

Que voilà une « bonne mère de famille » et de « bons pères de familles » !

Mais cela n’est pas tout, car les « économies » ne s’arrêtent pas là.

Maintenant que la période de « transition », si l’on peut dire, se termine, période durant laquelle les anciens salariés de l’ARAST, à la demande expresse et réitérée du Conseil général, ont continué de travailler ; et maintenant que le Conseil général prend le relais de l’ARAST en embauchant sur des CDD de six mois les mêmes salariés, pour le même travail qu’ils effectuaient auparavant, sur leurs mêmes « postes de travail », dans les mêmes conditions et à la même qualification, cela n’est pas sans conséquence.

Voilà qui, d’abord, va conforter l’AGS dans son refus d’assumer la dette sociale incombant à feue l’ARAST : quelque trente millions d’euros, dit-on. Pire, la liquidation  de l’ARAST pourrait apparaître aux yeux de certains comme une vulgaire manœuvre, celle que l’on rencontre dans le privé où telle entreprise, prétextant des difficultés, se fait liquider. Puis quelques temps plus tard, la même entreprise réapparaît sous le nom d’un autre – éventuellement un parent – reprend une partie du personnel sur de nouveaux contrats de travail, pour effectuer les mêmes tâches…. Ainsi, le tour est joué, la dette sociale de la première entreprise est ainsi prise en charge par l’AGS et la nouvelle entreprise repart avec les compteurs à zéro. L’ennui, c’est qu’ici, il y aurait une trentaine de millions en jeu…. qui pourrait revenir à l’envoyeur comme un boomerang… à 30 millions d’euros !… A ajouter, bien sur, aux 11,8 millions.

Quelle « économie » !!

Mais voilà, en tout cas, qui n’arrange pas les affaires des salariés licenciés qui verraient ainsi leurs droits remis en cause et devraient alors à se retourner vers les tribunaux.

C’est le cas notamment de ceux et celles avec qui le Conseil général a signé un CDD de six mois.
Ils seraient en droit de s’adresser au Conseil de Prud’hommes pour réclamer la requalification de leurs contrats de travail… dans le prolongement du précédent, c’est-à-dire en CDI, avec les droits qui s’y attachent. Du coup, si d’aventure le Conseil général les licenciait dans six mois, il devrait alors assumer le paiement des droits liés à ce licenciement…. Une trentaine de millions !

A ceci près tout de même, c’est que le Conseil général a pour habitude de na pas honorer ses dettes sociales. Il vient en effet de se faire condamner dans une autre affaire liée à l’ODC, cette fois, dans laquelle la présidente fait la sourde oreille, malgré les jugements des tribunaux espérant que la dette s’éteindra.

Voilà, en tout cas, une curieuse « économie » de « bonne mère de famille ». A ne pas donner en exemple aux enfants. Même pas à des adultes.

Dans ce cas, les salariés lésés seraient en droit d’investir le palais de la Source et de s’y installer jusqu’à ce que justice leur soit rendue.  Qui leur donnerait tort ?

Georges-Marie Lépinay

 

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