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100 millions d’euros déjà engagés : la CINOR détaille l’avancée de son plan pour un réseau d’eau potable plus performant

Ecrit par S.I. – le lundi 24 février 2025 à 18H53

La CINOR a lancé un plan d'investissement de 100 millions d'euros pour moderniser son réseau d’eau potable, un chantier essentiel pour lutter contre le vieillissement des infrastructures et réduire les fuites. Ce lundi 24 février, un premier bilan a été dressé sur les chantiers déjà entamés et ceux à venir.

Au sortir d’une période de sécheresse particulièrement rude pour La Réunion, la CINOR (Communauté Intercommunale du Nord de La Réunion) a réuni ce lundi les maires de ses trois communes membres – Ericka Bareigts (Saint-Denis), Richard Nirlo (Sainte-Marie) et Maurice Gironcel (Sainte-Suzanne), également président de l’intercommunalité – pour faire le point sur sa politique de l’eau. La CINOR affiche une ambition claire : garantir un accès permanent à une eau potable de qualité, tout en répondant aux enjeux environnementaux et en maîtrisant les coûts pour les usagers.

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Un service essentiel en constante amélioration

Distribuant chaque année 32 millions de m³ d’eau à ses 104.000 abonnés, la CINOR s’appuie sur un réseau robuste : 38 ouvrages de prélèvement (17 captages et 19 forages), 31 stations de pompage pour un débit total de 114.000 m³ par jour, 75 réservoirs pour une capacité de stockage totale de plus de 105.000 m³  ou encore sur ses 12 unités de traitement, produisant environ 56.000 m³ d’eau par jour. 

Le territoire Nord compte 1.263 km de canalisations, dont 61 % se concentrent à Saint-Denis. Avec un taux de conformité de l’eau proche de 98 % et un rendement du réseau en hausse à 70,13 % (+2,6 points depuis 2020), les efforts portent leurs fruits. "Nous avons fait du bon travail", s’est félicité Maurice Gironcel, saluant les équipes de la CINOR et ses délégataires. "Mais nous visons les 100 % de taux de conformité, comme à Sainte-Suzanne, car si c’est possible là-bas, c’est possible partout."

100 millions d’euros pour anticiper l’avenir

Face à l’intensification des sécheresses liée au changement climatique, la CINOR investit massivement. Sur 2022-2027, 100 millions d’euros sont mobilisés pour moderniser les infrastructures, dont 30 millions pour rénover les usines de Bellepierre et de la Bretagne, et 26 millions pour créer quatre nouvelles unités de potabilisation à Montée Sano (Sainte-Marie), Bras Pistolet (Sainte-Suzanne), Saint-François et Sainte-Clotilde (Saint-Denis). Objectif : sécuriser l’alimentation en eau pour 100 % des abonnés d’ici 2028.

L’intercommunalité mise aussi sur l’interconnexion des réseaux entre les trois communes et sur des solutions locales, comme l’installation de surpresseurs – à l’Espérance (Sainte-Marie) dès 2026 – ou la réhabilitation de 17 prises d’eau en ravine datant des années 1960. Si leur structure en béton reste solide, les équipements en acier (grilles, crépines) sont souvent dégradés. Huit captages sont concernés par un programme de restauration, dont celui de la rivière Saint-Denis, achevé en 2017, tandis que sept autres sont en phase d’études. 

"Si nous sommes là aujourd’hui, c’est parce que nous avons fait un choix politique fort d’investir dans l’eau. À Saint-Denis, plus de 68 millions d’euros ont été engagés avant le transfert de compétence en 2020, et les travaux continuent", a souligné Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis.

Sobriété et innovation au cœur de la stratégie

Pour préserver la ressource, la CINOR adapte ses prélèvements : eaux de surface en saison humide, nappes phréatiques en saison sèche, afin de protéger la biodiversité. La lutte contre les fuites s’intensifie grâce à des débitmètres électromagnétiques et une cartographie précise des réseaux, tandis que 8 km de canalisations vétustes sont rénovés chaque année. En parallèle, le télérelevé des compteurs, déployé depuis 2022, permettra d’ici deux ans à tous les abonnés de suivre leur consommation en temps réel et de détecter les anomalies.

La sobriété est aussi encouragée auprès des abonnés de la CINOR. En 2024, 1.600 récupérateurs d’eau de pluie (310 litres) ont été distribués pour 13,30 € seulement, grâce au soutien de l’Office de l’Eau et du Département. Une nouvelle campagne est prévue en 2025. "L’eau devient rare, il faut être sobre", insiste Maurice Gironcel.

Des projets de refoulement à venir

Malgré ces avancées, des points faibles subsistent. Certains quartiers, comme l’Espérance à Sainte-Marie ou Beaumont 3, souffrent encore de coupures ou d’un accès limité. "Le quartier de l’Espérance reste aujourd’hui le maillon faible en matière de distribution d’eau. Ce problème sera réglé avec l’installation d’un surpresseur à Mère Canal, qui alimentera directement l’Espérance. Ce chantier de 1,3 million d’euros sera achevé début 2026", a précisé Richard Nirlo, maire de Sainte-Marie.

À moyen terme, la CINOR travaille à réduire la vulnérabilité des hauts lors des sécheresses, avec des projets de refoulement à Saint-François (2025), l’Espérance (2026) et Bras-Pistolet (2027).

Enfin, face aux aléas cycloniques, des groupes électrogènes seront déployés sur les sites sensibles pour garantir la continuité du service. Un plan de sobriété et un diagnostic territorial sur l’accès à l’eau viendront compléter cette stratégie, visant à la fois résilience et équité.

Alors que la pression sur la ressource en eau ne cesse d’augmenter, cette modernisation du réseau apparaît comme une première réponse aux enjeux de demain. Une modernisation indispensable, qui pourrait bien être la première d’une série d’investissements pour répondre aux défis climatiques et démographiques à venir.

Etiquettes : CINOR | Eau

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