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1 Réunionnais sur 3 est totalement vacciné

L'Agence régionale de santé effectue son point hebdomadaire sur le taux de couverture vaccinale dans notre département. 30% de la population réunionnaise présente une schéma complet à deux doses. C'est toutefois "insuffisant", commente l'ARS.

Ecrit par Nicolas Payet – le jeudi 05 août 2021 à 18H59

Depuis le début de la campagne de vaccination, 361 877 Réunionnais ont reçu au moins une injection, (soit 42% de la population totale) et 262 543 Réunionnais disposent d’un schéma vaccinal complet (30,7% de la population totale). Un couverture vaccinale insuffisante pour faire face à l’épidémie et se diriger vers une immunité collective (80% de la population vaccinée).

Parce que la Covid est une maladie de plus en plus contagieuse et potentiellement très dangereuse voire mortelle, la vaccination est le seul rempart reconnu comme suffisamment sécurisant et efficace pour prévenir les formes graves de la maladie et lutter contre la transmission virale.

L’apparition des variants, notamment les variants Beta et Delta, sur l’île de La Réunion a augmenté indiscutablement, depuis plusieurs semaines à présent, la contagiosité du virus.

Il est bien admis par les chercheurs et les épidémiologistes que le variant Delta est potentiellement au moins 3 fois plus contagieux que le virus originel, sans le respect des gestes barrières et sans le bénéfice de la vaccination.

Aujourd’hui en France, une personne contaminée peut toujours en contaminer plus d’une autre, d’autant plus que le variant Delta poursuit sa diffusion au point de devenir largement majoritaire dans certaines régions. A La Réunion, le variant Delta représente près de la moitié des cas positifs et va sans aucun doute poursuivre son développement dans les prochains jours au point de devenir prépondérant.

Par conséquent, le niveau de contamination n’a jamais été aussi élevé, et on observe une moyenne journalière de plus de 500 cas positifs au cours des 7 derniers jours.

 

 

Les chiffres de la vaccination au 1er août 2021 :
– 600 381 doses de vaccin ont été administrées
– 361 877 Réunionnais ont pu bénéficier d’au moins une injection

Dont 262 543 Réunionnais disposent d’un schéma vaccinal complet (deux injections Pfizer ou une injection au Janssen)
– 42% de la population de La Réunion est entrée dans le processus de vaccination
– 30,7% de la population dispose d’un schéma vaccinal complet

 

La dangerosité potentielle de la Covid-19 et de ses variants

Elle est largement démontrée :

• Par la surmortalité qui en résulte 4,2 millions de morts dans le monde entier, 112 000 décès en France, 255 décès de patients hospitalisés à La Réunion (hors évacuations sanitaires) qu’ils aient été atteints ou non de comorbidités.

L’INSEE de son côté a pu évaluer, sur la base des données 2020 et début de l’année 2021, l’impact de la Covid, en terme de surmortalité. Ainsi en France il a été observé une augmentation de 10% du taux de mortalité entre les 5 premiers mois de l’année 2021 et la même période l’année 2019.

Cette différence a été également relevée et objectivée dans les mêmes proportions à La Réunion même pour les moins de 75 ans.

• Par la fréquence des séjours en hospitalisation conventionnelle et en réanimation
Les statistiques les plus récentes en France commencent à montrer la dangerosité supérieure du Delta par rapport au virus originel ou autres variants.

A La Réunion, le nombre de lits occupés en réanimation pour des patients atteints de Covid n’a jamais été aussi élevé :

Une moyenne de 25 admissions par semaine depuis le 17 juillet (soit 10 de plus que la moyenne hebdomadaire comptabilisée pendant tout le mois de juin jusqu’à la mi-juillet)

Une moyenne de 47 lits occupés chaque jour au cours des 7 derniers jours (soit là encore 10 lits occupés de plus en moyenne que ce qui avait été comptabilisé avant le 14 juillet)

70% de ses patients ont moins de 70 ans, un minimum de 20% d’entre-deux ne présente pas de comorbidité.

Il est, par ailleurs, établi scientifiquement (étude publiée par des chercheurs de l’INSERM et de l’APHP en mai 2021) que 6 personnes sur 10, sortant des services de réanimation après Covid, sont affectées par au moins un symptôme de la maladie, 6 mois encore après l’infection.

De même plus de 2 personnes sur 10 subissent les effets d’au moins 3 symptômes.

En outre, des chercheurs Norvégiens viennent de publier une étude soulignant les effets au long cours de la maladie, y compris chez les adolescents ou jeunes adultes qui avaient été contaminés, même si la majorité d’entre eux n’avaient pas été hospitalisés.

Les séquelles, de l’ordre de la perte de goût et de l’odorat, fatigue, voire de la difficulté à se concentrer et à respirer, 6 mois après la survenue de la maladie, sont les plus fréquentes.

Ainsi, au regard de sa contagiosité et de sa dangerosité, la vaccination est aujourd’hui tout à fait indiquée puisque le bénéfice-risques plaide largement en sa faveur.

C’est pourquoi plus de 4 milliards d’injections ont d’ores et déjà réalisées dans le monde entier, dont 76 millions en France. Une telle diffusion permet à présent d’évaluer en continu l’impact positif de la vaccination en milieu réel, ce qui complète ainsi les données de recherche apportée par les laboratoires à l’issue des essais cliniques.

Ainsi, Le bénéfice risque des vaccins à disposition sur l’lle de La Réunion et notamment le vaccin Pfizer se mesure objectivement par des données factuelles, quantifiables et actualisées.

 

 

Sécurité du vaccin

Le vaccin Anti COVI, comme tout autre vaccin mais aussi toute thérapie de nature médicale ou chirurgicale, est susceptible de produire des effets secondaires indésirables plus ou moins graves.

C’est pourquoi tout évènement indésirable intervenu postérieurement à la vaccination doit nécessairement faire l’objet d’un signalement de la part du médecin traitant ou d’un médecin hospitalier pour être pris en compte et analysé par les agences de santé des différents Etats Européens.

L’agence Européenne du Médicament vient de souligner, que les données recueillies et consultables à partir de la base de données EudraVigilance, étaient souvent mal renseignées ou mal interprétées conduisant ainsi à une surestimation importante du nombre de complications (qu’ on comptabilise à tort des complications suspectées et non avérées après analyse) ou des décès (parce qu’on comptabilise ainsi plusieurs suspicions de décès pour une même personne concernée par un signalement d’événements indésirables).

En France, il appartient à l’Agence Nationale du Médicament (ANSM) de recenser mais également d’analyser l’ensemble des signalements d’effets secondaires en rendant public (sur internet) un rapport de suivi régulier.

Dans son dernier rapport rendu public courant juillet, l’ANSM recense moins de 37 000 évènements indésirables pour 45 millions d’injections réalisées au titre du vaccin Pfizer/BioNTech dont 72% sont considérés comme non-graves c’est-à-dire fatigue, maux de tête, douleur au point d’injection ou douleur musculaire et beaucoup plus rarement encore des nausées.

Parmi les 30 % d’événements indésirables considérés comme graves, l’ANSM a pu comptabiliser 52 hépatites sans qu’un rôle direct et exclusif du vaccin ait été reconnu pour la totalité d’entre-elles; De même l’ANSM a recensé 28 réactions allergiques sévères.

A ce jour l’ANSM n’a pas reconnu un seul décès en France qui pourrait être directement et exclusivement imputé à la vaccination Covid par le Pfizer.

En outre tous âges confondus, 7 cas de myocardites ont été reconnus dont un cas chez les jeunes vaccinés.

A La Réunion, avec la même méthode de recueil de données et d’analyse, le nombre d’événements indésirables recensés comme intervenus postérieurement à l’injection apparaît en proportion plus faible encore qu’en France entière.

Au 1er juillet, 172 événements indésirables ont été enregistrés au regard de 411 000 injections dont 75% sont considérés comme non graves.

Efficacité du vaccin

La vaccination fait toujours la preuve de son efficacité au regard de ses objectifs propres: limiter le plus possible les formes sévères ou symptomatiques de la maladie mais aussi réduire le risque de contamination et donc de transmission virale pour contrer la propagation du virus et l’apparition de nouveaux variants.

L’efficacité du vaccin se mesure toujours davantage dans le monde entier et en France en particulier compte-tenu des données les plus récentes issues des statistiques d’hospitalisation et de décès.

En France une étude de la DRESS, menée sur la période du 31 mai au 11 juillet, a démontré que:
• 85 % de l’ensemble des admissions dans les hôpitaux pour COVID concernaient des personnes non vaccinées;
• 78% des décès comptabilisés à l’hôpital au titre du COVI D concernaient des patients non vaccinés et
• 11% des personnes décédées avaient reçu seulement une dose de vaccin sur les 2 requises.

La proportion des personnes décédées du COVID bien qu’ayant achevé leur schéma vaccinal, est encore plus limitée pour les personnes de moins de 60 ans puisque réduite à 6%.

 

A la Réunion les 5 personnes décédées au titre du Covid et au cours des 2 dernières semaines, bien que reconnues comme entièrement vaccinées sont à rapporter au 48 personnes décédées sur la même période, au titre de la même maladie. 4 sur 5 étaient âgées de plus de 70 ans et toutes présentaient des comorbidités.

S’agissant de la persistance de l’efficacité du vaccin contre le variant Delta les études internationales comme les études britannique et israélienne convergent pour démontrer la constance de l’excellente protection contre les formes graves de la maladie à savoir un taux d’efficacité supérieur à 90%.

En revanche les études américaine, britannique et israélienne, les plus récentes divergent sur la question de l’efficacité du Pfzizer contre les risques de contamination au variant Delta: efficacité réduite à 64 % selon l’étude Israélienne mais maintenue à 88 % pour l’institut de santé britannique.

Ces résultats continuent tous pour autant à attribuer une efficacité persistante et suffisante du vaccin Pflzer contre la réplication virale qui, elle-même, permet d’escompter l’immunité collective, si et seulement si, au moins 80 % de la population se fait complètement et rapidement vacciner.

Comment peut-on apprécier les bénéfices de la vaccination en comparaison avec les moyens thérapeutiques à disposition pour lutter contre la Covid?

La vaccination est le seul moyen de nature à prévenir la réplication virale, c’est-à-dire à diminuer suffisamment encore (en dépit de la contagiosité du variant delta), le risque de contamination et donc de diminuer les possibilités de transmission interhumaine.

Les thérapeutiques disponibles ont le mérite d’exister, mais ne procurent pas le même niveau de protection collective ou même individuel.

En effet, pour prévenir le risque d’évoluer vers une forme grave, les associations d’anticorps monoclonaux ont montré une efficacité s’ils sont utilisés de façon précoce (dans les 5 jours suivants les débuts des symptôme).

Pour autant leur diffusion est encore limitée à une catégorie bien définie de personnes touchées par la Covid.

Pour les personnes atteintes de formes symptomatiques ou sévères, les thérapeutiques à dispositions (oxygénothérapie, corticothérapie et anticoagulants) s’avèrent efficaces pour prévenir certaines complications (thromboses) ou diminuer les effets délétères de la maladie et améliorer les chances de survie.

Pour autant, l’éventail et la portée de ces moyens ne sont pas suffisants pour empêcher les admissions en réanimation et les décès.

L’lvermectine est un médicament antiparasitaire dont l’utilisation éventuelle pour traiter les effets de la Covid n’est pas encore suffisamment évaluée chez l’Homme, même si des résultats encourageants ont été récemment démontrés par l’institut Pasteur et par expérimentation sur le modèle animal.

C’est pourquoi, ni l’OMS, ni l’INSERM, ni l’ANSM ne peuvent aujourd’hui reconnaître l’efficacité de ce médicament en guise de traitement possible contre la Covid.

A ce stade, les établissements hospitaliers peuvent l’utiliser comme un traitement secondaire, par conséquent associé à la corticothérapie à forte dose, pour prévenir le risque d’une complication c’est-à-dire la diffusion d’une maladie parasitaire latente (l’anguillulose maligne) chez la personne contaminée.

 

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