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Zone franche à La Réunion : Joseph Rivière interpelle le gouvernement

Ecrit par S.I. – le mercredi 14 mai 2025 à 14H00

Joseph Rivière, député du Rassemblement national de la 3e circonscription de La Réunion, a interpellé le gouvernement ce mardi à l’Assemblée nationale. Il dénonce l’extension de la zone franche limitée à la CIREST, estimant que toute l'île devrait en bénéficier pour lutter contre le chômage et la précarité.

Joseph Rivière a critiqué l'annonce du président Emmanuel Macron faite le 2 avril 2025 à La Réunion d'élargir la zone franche à la Communauté intercommunale Réunion Est (CIREST). Selon le député, ce dispositif, qui concerne une micro-région de 127.000 habitants, "ne bénéficiera qu'à une minorité d'industries" et exclut la majorité des petites entreprises réunionnaises. Il a dénoncé une mesure qui, selon lui, ignore les difficultés du reste de l'île, confrontée à un taux de chômage de 17 % (62 000 chômeurs), une hausse de 61 % des défaillances d'entreprises entre 2023 et 2024, et une agriculture locale "assassinée" par les importations (90 % des produits alimentaires).

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Le député a illustré son propos avec l'exemple de sa ville, Le Tampon, où 12.000 personnes sont au chômage. Il a également pointé une balance commerciale fortement déficitaire (7,1 milliards d'euros d'importations contre 405 millions d'euros d'exportations) et a appelé à une zone franche généralisée pour toutes les entreprises réunionnaises, sans distinction. Citant le programme du RN de 2017, il a rappelé la proposition de Marine Le Pen de défiscalisation pour les Outre-mer, estimant que le coût fiscal serait inférieur aux conséquences sociales du chômage.

Joseph Rivière a conclu en exhortant le gouvernement à "faire le choix audacieux" de placer l'ensemble des Outre-mer en zone franche, en s'appuyant sur une politique de défiscalisation ambitieuse.

Manuel Valls : "sortir d'une économie de comptoir"

En réponse, le ministre en charge des Outre-mer, Manuel Valls, a défendu l'action du gouvernement. Il a tenu à préciser que la visite d'Emmanuel Macron à La Réunion, après le passage du cyclone Garance, n'était pas une "escapade" mais un geste de "soutien et de solidarité" envers les Réunionnais. Il a rappelé les annonces faites pour la reconstruction, le soutien à la filière agricole (notamment la canne) et la mobilisation de fonds européens, ainsi que la création de la zone franche sur le périmètre de la CIREST, une zone particulièrement touchée par le cyclone et en retard en termes d'infrastructures.

Manuel Valls a reconnu l'importance des dispositifs de défiscalisation, qui représentent 5,5 milliards d'euros en 2025 à travers 29 mécanismes. Il a toutefois questionné leur efficacité et proposé une réflexion pour les réorganiser et mieux les cibler. Selon lui, La Réunion doit sortir d'une "économie de comptoir" grâce à des outils concrets, comme le soutien au BTP et le développement d'infrastructures. Il a évoqué un "pacte d'avenir", proposé aux collectivités territoriales axé sur l'innovation et le travail, comme la voie à suivre pour surmonter les difficultés économiques de l'île.

Un débat loin d'être clos

Cet échange illustre les tensions persistantes autour des politiques économiques pour les Outre-mer. Alors que le député Joseph Rivière appelle à des mesures radicales pour lutter contre le chômage et relancer l'économie réunionnaise, le gouvernement met en avant une approche plus ciblée, tout en reconnaissant la nécessité d'améliorer les dispositifs existants.

Les Réunionnais, confrontés à des défis structurels, attendent des solutions concrètes pour redynamiser leur territoire.

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