Yvette Duchemann: "Vendredi 14 septembre soir devant la Préfecture : Encore une nuit rouge"

J'ai été témoin d'une petite partie des émeutes devant la préfecture de Saint-Denis.
Je ne m'étalerai pas sur l'incident Thierry ROBERT. Nos politiciens savent faire parler d'eux, soit qu'ils font semblant de laisser leur place de sénateur..., soit qu'ils jouent à fond sur le populisme, soit qu'il prend le maquis, soit qu'il utilise le "je" à outrance alors qu'il s'agit d'utiliser le "NOUS" car ce sont nos impôts qui paient les projets réalisés ici et ailleurs, etc. Nous connaissons leurs techniques.
Je suis désolée, voire révoltée que des journalistes aient été pris à parti dans l'exercice de leur métier. L'aveuglement ne mène hélas, à des gestes insensés et dangereux non réfléchis.
Ce qui m'a encore fait du mal lors de cette manifestation c'est la présence de nombreuses femmes, c'est leur détresse : détresse sociale, humaine, le combat pour sauvegarder leur "petit" contrat aidé. Et toutes les conséquences qui vont avec. Leur a t-on demandé quelle violence elles subissent au quotidien ?
La nuit portant conseil, j'ai revisité les images de cette manifestation. Fallait-il que je juge ces femmes puisque le thème de la violence interpelle actuellement ?
Et justement, le lendemain matin par hasard, de bonne heure, je croise une élue de La République à bord de son 4-4...
Et je me suis souvenue qu'une de ces femmes au chômage, une anonyme, un jour m'avait dit que le prix d'un seul pneu de leur 4-4 était le double de son revenu...
De qui nous moquons-nous?
C'est aussi à cause de cette folie des grandeurs et du mépris porté sur leurs préoccupations que le peuple se soulève.
Que faisons nous?
Yvette Duchemann


