Violences urbaines : les premiers couvre-feux instaurés dans plusieurs villes de l'Hexagone

Après les violences et les pillages survenus en marge des manifestations du 17 octobre, plusieurs grandes villes de l'Hexagone ont instauré des couvre-feux lundi soir. De Paris à Bordeaux, en passant par Lyon, Lille et Nice, ces restrictions restent limitées à certains quartiers et concernent parfois uniquement les mineurs.
Dans plusieurs villes de France hexagonale, les déplacements sont désormais restreints à certaines heures de la nuit. Depuis lundi 19 octobre, des couvre-feux sont entrés en vigueur dans des secteurs touchés par les violences urbaines de ces derniers jours.
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Selon France 24, les premières mesures ont commencé à s'appliquer entre 20 heures et 22 heures dans plusieurs métropoles, avec des horaires et des périmètres variables. À Paris, certaines restrictions de circulation sont entrées en vigueur plus tard dans la soirée.
À Paris, des restrictions ciblées sur plusieurs quartiers
Dans la capitale, la place de la République et le quartier des Halles, où des pillages ont été signalés ces derniers jours, sont concernés par un couvre-feu à partir de 23 heures.
Des interdictions de manifester s'appliquent également dès 20 heures dans plusieurs secteurs, notamment aux Champs-Élysées, à Bastille et aux abords de certaines gares.
À Bordeaux, les mineurs non accompagnés concernés jusqu'au 26 octobre
À Bordeaux, les restrictions visent plus particulièrement les jeunes. Selon les informations rapportées par TF1, un couvre-feu est instauré de 22 heures à 7 heures pour les mineurs non accompagnés d'un représentant légal. La mesure doit rester en vigueur jusqu'au lundi 26 octobre dans les "secteurs particulièrement touchés par les pillages du 17 octobre", selon les termes de la préfète de la Gironde.
La métropole bordelaise a été le théâtre d'affrontements particulièrement violents samedi. La résidence officielle de la préfète a notamment été saccagée et le RAID a été mobilisé en renfort des forces de l'ordre.
À Lille et à Nice, les couvre-feux concernent également les mineurs, tandis que Lyon figure parmi les villes ayant instauré des restrictions localisées.
Couvre-feux, réponse judiciaire et plaintes : l'exécutif sous pression
En déplacement à Marseille pour rencontrer le maire Benoît Payan, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a défendu le recours à ces restrictions de circulation. Il a jugé les couvre-feux "nécessaires", tout en précisant que leur mise en œuvre devait faire l'objet d'échanges entre les préfets et les maires concernés.
Face aux critiques, l’exécutif entend afficher davantage sa fermeté. Selon France 24, le garde des Sceaux a annoncé avoir adressé "une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée". Une qualification qui pourrait permettre de prolonger les gardes à vue de 48 à 72 heures. Au 20 heures de TF1 ce lundi 19 octobre, Gérald Darmanin a annoncé 2 513 gardes à vue et 67 personnes incarcérées.
Un mineur a eu la main arrachée par une grenade à Saint-Étienne, samedi, lors des manifestations contre "la vie chère". Deux plaintes ont été déposées : l'une contre le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, pour "complicité de violences aggravées, par instructions", et l'autre contre l'auteur du tir pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation, aggravées par deux circonstances : l'usage d'une arme et la qualité de personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé l'avocat dans un communiqué repris par TF1.


