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Violences conjugales : protéger les victimes malgré elles, une tâche difficile pour le tribunal

Ecrit par Lucas Candessoussens – le dimanche 10 mai 2026 à 06H26

Lors des audiences correctionnelles du mardi 5 mai, un homme devait répondre de violences conjugales en date de décembre 2025.

Willy T. est interpellé après les faits, en cette journée de décembre 2025. Quelques minutes plus tôt, il a plaqué sa compagne au sol, l'étranglant, alors que cette dernière tenait le dernier-né dans ses bras. Le motif de sa colère ? Elle est sortie sans l'avertir.

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Très vite, le quadragénaire la menace : il déplore qu'elle n'ait pas eu une deuxième fille, qu'il pourrait "tuer" sous ses yeux, "pour voir ce que l'on ressent" après ça. Des violences et menaces qui poussent sa compagne à prévenir les forces de l'ordre. Ces dernières interviennent sans délai et interpellent le père violent.

Violation de son contrôle judiciaire

Placé en garde à vue, Willy T. nie catégoriquement les faits de violences. Il reconnaît cependant s'être énervé contre sa compagne, mais réfute la strangulation. Or, le médecin délivre à la victime un certificat médical et 10 jours d'ITT. La justice décide de placer l'homme sous contrôle judiciaire.

Or, les autorités apprennent que la victime et son agresseur sont en contact : à la barre, la mère de ses deux enfants explique qu'elle a repris contact avec Willy T. pour le bien de sa fille, cette dernière réclamant la présence de son père. Une situation qui pousse le juge d'application des peines à faire un rappel concernant la stricte application du contrôle judiciaire.

Le voyage en Thaïlande se termine en prison

Mais la justice va de nouveau intervenir, en mars 2026. En effet, la police aux frontières contrôle Willy T. en compagnie de la victime, bagages sous les bras, prêts à prendre leur vol pour des vacances en Thaïlande. Cette fois, c'est l'incarcération pour l'individu.

Après ces péripéties, l'homme se retrouve donc au tribunal correctionnel de Saint-Denis. À la barre, il nie toujours les violences contre madame, jusqu'à ce qu'elle prenne la parole à son tour.

Mère de deux enfants, qu'elle a avec monsieur, elle décrit à nouveau la scène de violence. Quand le président lui demande si elle souhaite se constituer partie civile dans ce dossier, la mère refuse. Ce qu'elle souhaite, c'est que Willy T. reprenne son rôle de père. Puis elle ajoute qu'elle-même souhaite continuer sa relation avec monsieur.

C'est après la prise de parole de la victime que Willy T. finit par reconnaître avoir été violent avec elle.

"L'amour, ça ne suffit pas !"

Lors de sa prise de parole, le ministère public décrit une situation ambivalente : d'un côté, un homme violent et de l'autre, une femme victime, mais amoureuse de son conjoint : "l'amour, ça ne suffit pas !". Nombreuses sont les victimes à retourner vivre avec des auteurs de violences conjugales.

Expliquant sa "crainte de les revoir au tribunal", la procureure requiert une peine de 10 mois de prison, dont 6 assortis d'un sursis probatoire. Willy T. n'étant pas addict à l'alcool ni aux stupéfiants, ses violences viennent de son comportement, dont il doit se soigner. Qui plus est, il agit sous le coup de la récidive légale, ayant été condamné pour des faits similaires.

Le tribunal, après délibération, a décidé de suivre les réquisitions du ministère public.

Etiquettes : Violences conjugales

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