Revenir à la rubrique : Faits divers

Violences conjugales : "Ce n'est pas l'alcool qui a frappé votre femme"

Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 10 janvier 2025 à 05H53

Un jeune homme de 23 ans comparaissait ce lundi 6 janvier devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences sur sa compagne et sur des membres de sa famille. Incapable de se remettre en question, il a été lourdement sanctionné par le tribunal.

La nouvelle année est synonyme de joie et de festivité. Ce 1ᵉʳ janvier 2025, ce ne fut pas le cas pour une famille de Saint-Paul qui a dû s'employer à gérer l'agressivité du jeune Corentin P. En effet, alors qu'il est sorti faire un tour, il rentre et s'en prend à sa compagne sous prétexte qu'elle aurait eu une aventure avec son petit cousin. Il la gifle à plusieurs reprises et manque de frapper sa propre mère qui s'interpose. Voulant le stopper, c'est ensuite au tour de sa sœur et de son compagnon de subir le courroux du jeune homme à coups de poing et jet de pierre. Au final, une partie de famille s'en mêle et manu-militari le stoppe.

"Vous avez déjà oublié que vous avez tué quelqu'un le 1ᵉʳ janvier 2021 ?"

Contrôlé sous alcool et sous stupéfiants, il finit en garde à vue et devant le tribunal dans le cadre d'une comparution immédiate. Pour explication à son comportement et sa consommation, il se fend d'un "c'était un jour de fête". Passablement irrité par sa désinvolture, le président le reprend de volée : "Vous avez déjà oublié que vous avez tué quelqu'un le 1ᵉʳ janvier 2021 ?". En effet, son casier judiciaire fait état d'un homicide involontaire pour lequel il avait écopé de 30 mois de prison avec sursis simple alors qu'il était déjà sous l'emprise de stupéfiants et de l'alcool. Face aux questions du tribunal sur son comportement, toujours, une seule et même réponse : "J'étais soul, je n'avais pas la tête en place".

"Moi, je n'accepte pas, ce n'est pas la même chose"

"Ce n'est pas l'alcool qui a frappé votre femme, Pourtant, ce sont les autres qui ont morflé à cause de vous", fustige une assesseure, irritée par les justifications du prévenu, et de poursuivre : "Avec votre casier judiciaire, vous n'êtes jamais allé en prison, vous trouvez ça normal ?", conclut la magistrate et lui rappelle que si sa compagne a eu une histoire avec un autre homme, il a un enfant de 2 mois avec une autre femme. Ce à quoi il rétorque, "Moi, je n'accepte pas, ce n'est pas la même chose. Elle, elle a accepté". Même constat du côté du parquet, pour qui "il explique ces quatre faits de violences par sa consommation sur laquelle il ne veut pas avoir de prise".

La procureure rappelle que c'est la troisième fois qu'il est devant le tribunal depuis aout 2024, alors qu'il est sous sursis probatoire avec une obligation de soin. Elle requiert une peine de 5 mois de prison ferme et la révocation de 4 mois du sursis en cours. Le parquet demande un maintien en détention pour la partie ferme et une semi-liberté pour la partie révoquée. "Bien entendu, c'est sa faute", répond la défense. La robe noire estime pour autant qu'il faille "se demander pourquoi il agit de la sorte", et de poursuivre : "Son comportement est une réponse à la mauvaise gestion d'une situation. Il lui faut des soins". "C'est quelque part un imbécile heureux qui ne sait pas se maitriser", conclut la défense.

Après délibération, le tribunal prononce une peine de 5 mois de prison ferme et, "compte tenu des antécédents et de la gravité des faits", révoque le sursis simple à hauteur de 12 mois. Le président prononce son maintien en détention.

Etiquettes : Violences conjugales

Dans la même rubrique

0💬
Tri :