Vidéo - Giraud Payet plaide pour une "rupture de méthode" à la Chambre de métiers

"Il y a urgence à la Chambre de métiers pour soutenir nos entreprises", lance Giraud Payet, prêt à en découdre avec les trois autres listes en présence (celles du président sortant Bernard Picardo, de Jean-Charles Nagou et de Didier Mazeau pour remporter le scrutin d'octobre.
"Sur cette mandature j'ai assumé pleinement mon rôle dans une opposition constructive. Il y a eu du bon et du moins bon mais la politique menée par la majorité actuelle ne correspond pas à ma vision des choses", argue Giraud Payet, qui dit avoir réussi la première étape de sa campagne en bénéficiant du soutien de personnalités du monde artisanal comme Jean-François Maillot du CSAPR ou encore d'Hugues Atchy de la Fédération nationale des taxis indépendants. La seconde étape de sa campagne sera la constitution avec ses soutiens d'une plateforme centrée autour de trois grands axes.
Tout d'abord, "la sauvegarde des entreprises" en demandant "non pas comme les autres candidats" un report des dettes sociales et fiscales mais tout simplement leur annulation, afin "d'enlever la pression sur les entreprises". Il compte pour cela rencontrer l'ensemble des parlementaires de l'île ainsi que les autorités locales pour demander la mise en place d'une loi d'orientation "nous permettant de solutionner cette dette, à l'image de ce qu'il s'était déjà fait en 1999 pour annuler 50% des dettes des entreprises artisanales".
"Une méthode qui n'a pas marché"
Deuxième mesure promue par la tête de liste La voix des artisans : "réinscrire la CDMA dans le coeur des artisans". Il compte pour cela mettre en place une brigade de proximité afin, dit-il, de "faire un inventaire des problèmes des artisans". "Il ne s'agit pas uniquement de sauver mais aussi de relancer. Quelle part le monde de l'artisanat va prendre dans le plan de relance ? C'est là que la Chambre doit être force de propositions", estime Giraud Payet, "notamment sur la commande publique et sur la promotion des activités artisanales".
Enfin, Giraud Payet souhaite faire de la protection sociale des artisans l'un de ses axes majeurs. "Aujourd'hui sur ce sujet, il y a une véritable injustice sociale : beaucoup d'artisans qui ont travaillé pendant 40 ans se retrouvent avec une retraite comprise entre 80 et 200 euros par mois", dénonce-t-il. Pour mettre fin à cette injustice, il compte bien appuyer l'une des mesures proposées dans le projet de réforme de retraite, à savoir l'instauration d'un régime universel "qui correspond à peu près à une allocation de 85% du Smic en vigueur".
"Une allocation de perte d'emploi pour les travailleurs indépendants"
Autre cheval de bataille de Giraud Payet, la pérennisation des entreprises. "Il faut créer un environnement favorable pour transmettre les entreprises, que les jeunes qui veulent créer leur entreprise puissent être encouragés à le faire. Cela passe par leur protection sociale : nous allons demander la mise en place d'une allocation de perte d'emploi pour les travailleurs indépendants".
L'ex-locataire de la Chambre en a profité pour dresser un bilan de la majorité sortante, pas très reluisant selon ses dires. Outre un "manque de disponibilité en raison de ses mandats extérieurs" , il reproche notamment au président Picardo de ne pas avoir agi dans le sens des artisans avec le Fonds national de solidarité, "pas adapté au contexte local".
"Ce dispositif est trop lourd pour deux raisons : la première, les demandes se font par voie numérique et la plupart des artisans ne sont pas à l'aise là-dessus. Deuxième point, il faut être à jour des cotisations sociales et fiscales. Quand on sait que 80% des entreprises ne sont pas à jour, elles ne peuvent pas y prétendre. L'équipe sortante avait pourtant tout le temps de se positionner", indique-t-il.
En guise de conclusion, Giraud Payet appelle "à une rupture de méthode" au sein de la CDMA. "Nous ne sommes pas dans une phase de continuité mais plutôt de rupture d'une méthode qui n'a pas marché. Nous ne sommes pas là pour briser mais construire autre chose".


