Vacances gratuites en enfer : trois jeunes femmes piégées dans un trafic de drogue à un million d’euros

Recrutées sur Snapchat, attirées par un voyage de rêve, trois jeunes métropolitaines de 22 ans, sont tombées dans un piège aux allures de scénario de film. Plus d’un million d’euros de drogue ont été saisis dans leurs bagages : 31 kg de résine de cannabis, 2 kg de cocaïne et 1 kg de MDMA.
Elles ont 22 ans. Trois jeunes femmes, a priori sans histoire, se retrouvent ce mercredi face aux juges, poursuivies pour participation à une association de malfaiteurs en lien avec un trafic de stupéfiants. Arrêtées le 13 janvier à leur arrivée à l’aéroport Roland Garros, des quantités de drogue astronomique : plus de 2 kg de cocaïne, 31 kg de résine de cannabis et 1 kg de MDMA. Une saisie dont la valeur oscille entre 773.000 et 1.010.500 euros à la revente selon les douanes.
Sans casier judiciaire, les trois jeunes femmes correspondaient parfaitement au profil recherché par les recruteurs : des visages inconnus des forces de l’ordre, prêtes à voyager sans éveiller les soupçons. Recrutées via des réseaux sociaux, elles ont accepté l’offre pour quelques milliers d’euros et un séjour tous frais payés.
Émelyne C., apprentie agent de sûreté aéroportuaire, assure qu’elle ne savait pas tout du chargement. « Je savais pour la résine, mais pas pour le reste », confie-t-elle à la barre. Elle explique avoir accepté l’offre après des difficultés financières. De son côté, Oldadorie L.C. affirme ne pas avoir su ce qu’elle transportait. C’est sa cousine, Sophie L.C., qui l’aurait convaincue de partir, lui promettant des vacances. Cette dernière, qui avait déjà effectué plusieurs voyages, pensait transporter de l’argent.
Une organisation bien rodée
Les échanges entre les prévenues et leurs contacts sur la messagerie cryptée Signal ne laissent cependant guère de place au doute sur la nature du trafic. Le groupe portait le nom évocateur de "Heisenberg", référence au célèbre trafiquant de la série Breaking Bad. Un détail qui interpelle la présidente du tribunal : « Vous n’avez jamais trouvé cela suspect ? » Silence dans le box des prévenues.
La représentante de la société est catégorique : « Elles ne sont pas aussi naïves qu’elles veulent le faire croire. Se connecter à une messagerie cryptée pour organiser un tel transport, c’est déjà un acte préparatoire essentiel au trafic ». Pour le parquet, il ne fait aucun doute que ces jeunes femmes savaient qu’elles prenaient un risque. Elle requiert quatre ans de prison ferme avec maintien en détention et une interdiction de territoire de cinq ans.
Une défense qui pointe l’injustice
Les avocats des prévenues, Me Catherine Moissonnier, Me Elodie Boyer, Me Laure-Marina Aservadompoulé et Me Julien Baracco dénoncent des réquisitions sévères pour des « petites mains du trafic ». L’un d’eux fustige une justice qui frappe fort sur des jeunes femmes sans passé criminel, tout en laissant les commanditaires impunis : « Pendant que ces jeunes filles sont jugées, les véritables donneurs d’ordre sont tranquillement chez eux », plaident les robes noires.
Après en avoir immédiatement délibéré, le tribunal correctionnel condamne les trois vingtenaires à trois ans de prison et cinq ans d'interdiction de territoire.
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