Une journée culture rafraîchissante : Les bons plans de l'Académie

Evoquer l’humanisme de Dayot devant sa stèle, réciter quelques vers devant la tombe de Leconte de Lisle, faire revivre la mémoire de Jacques Lougnon à deux pas de la tombe ( ?) de La Buse en précisant que ce dernier n’y est pas… L’ARAL (académie réunionnaise des arts et lettres) poursuit sa série de parcours poétiques et culturels avec un bonheur sans égal.
Pour l’occasion, ce jeudi 2 août, cela se passe entre le cimetière marin et les mi-hauteurs de Saint-Paul. Un programme enthousiasmant quoique chargé, mais une journée qui s’est achevée sans que l’on voie le temps passer. Quand c’est agréable, n’est-il pas ?
Soleil rasant les maisons, une petite vingtaine d’amateurs de littérature et d’histoire créoles se retrouve à l’entrée du cimetière marin. Dont deux petits "jeunes" ; la charmante Ranee, future agrégée de Lettres (à tout le moins), actuellement stagiaire chez Azalées éditions ; et l’ami Jean-Luc dont le premier roman (je parie sur un tube) sortira bientôt chez ce même éditeur. Plus les durs à cuire des lettres et de la culture, Claude, Victor, Christian… Rien de guindé là-dedans ; juste le plaisir partagé par des amis, amoureux du beau qui survit au temps, en même temps que du beau d’aujourd’hui. Beaucoup de rires, de sourires, et jamais se prendre au sérieux !
Hommage à Leconte de Lisle, l’occasion pour l’ami Victor Hubert Delisle de faire une éblouissante démonstration de ses talents de récitant. Il plonge dans son texte, s’y investit totalement et nous fait vibrer avec lui. Avec cet homme-là, la poésie est vivante, ô combien !
Vient ensuite le moment de saluer la mémoire d’Eugène Dayot, journaliste et poète à la tragique destinée, humaniste généreux et engagé contre l’esclavage et la peine de mort. Il était logique alors de saluer au passage le vieux maître Jacques Lougnon, qui a remis Dayot à l’honneur quelque trente années plus tôt. De nouveaux adeptes nous rejoignent au fil des minutes, un amoureux transi, un brillant jeune historien non engagé (il en reste), une très grande actrice de théâtre…
Après un petit détour sur le site du Bernica (qui a bien besoin d’un sérieux ravalement), les nourritures spirituelles cèdent le pas, sans se faire prier, à d’autres, plus terrestres mais tout aussi savoureuses, au West Art Café du village artisanal de l’Eperon. Le sourire de la patronne, à lui seul, est tout un poème. Eh ! pour être rêveur, on n’en est pas moins homme.
Cherchant la maison natale de Leconte de Lisle (Saint-Gilles les Hauts) et ne la trouvant pas, nos amis mettent le cap sur le domaine Desbassyns, sur les traces de l’Histoire de Bourbon. Conflit larvé entre le président de l’ARAL et le guide officiel du Musée. Ce dernier se fait plus d’une fois attraper par Christian Vittori, qui connaît son petit Bourbon par cœur, sur des points d’histoire qui sont loin d’être des points de détail.
Pour se faire pardonner son irrespect flagrant de l’Histoire telle qu’on voudrait qu’elle fût (et non pas telle qu’elle est), le président entraîne tout son petit monde dans une visite (expiatoire ?) à la Chapelle Pointue. Au vu des sourires sur les visages, la contrition n’est pas vraiment à l’ordre du jour.
Et c’est le moment de constater que… le temps a passé sacrément vite. Ca ne fait rien ! Il y aura d’autres prochaines fois, bien d’autres. Des journées culture comme ça, on en redemande.
Jules Bénard


