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Un couple de proxénètes sévèrement condamné pour de multiples passes aux quatre coins de l’île

Les deux prévenus à la tête d'un réseau de femmes dont ils monnayaient les charmes via des annonces sur les réseaux sociaux avaient souhaité un délai avant d'être jugés. Ces parents de quatre enfants âgés de 6 à 10 ans et dont les principaux revenus dépendaient des prestations sociales ont été envoyés derrière les barreaux pour plusieurs années. La décision du tribunal est contestée en appel.
Ecrit par Isabelle Serre – le lundi 4 décembre 2023 à 14H58

Allan Rougemont et sa compagne Rachel étaient convoqués devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce vendredi 1er décembre dans le cadre de la procédure accélérée qui avait été renvoyée, le temps que le couple prépare sa défense. Si lors de l'audience de renvoi de l'affaire le père de famille né en 1993 avait indiqué reconnaître les faits en dédouanant son épouse d'un an sa cadette, il s'est ravisé et a réfuté ce qui lui a longuement été reproché à la barre du prétoire.

Le couple, parent de quatre enfants âgés de 6 à 10 ans, était poursuivi pour proxénétisme aggravé de février à octobre dernier. Il proposait les services de prostituées originaires de l’île sœur, une quinzaine, via les réseaux sociaux. Des annonces que les deux mis en cause publiaient de leur domicile. Les relations tarifées se déroulaient de Boucan Canot à Saint-Benoît en passant par le chef-lieu. Une des victimes qui s’est portée partie civile décrit un nombre de passes imposées par jour. Lors des surveillances effectuées par les enquêteurs, 121 clients ont été dénombrés entre le 5 octobre et le 1er novembre 2023. Certains jours, sept femmes pouvaient répondre à la demande en même temps. Les filles étaient recrutées par Allan Rougemont qui réglaient les frais de voyage et louait des appartements destinés aux passes. Il récupérait ensuite l'argent gagné.

Une dizaine de bordereaux de remise d'espèces, des cartes de téléphone prépayées ainsi que 20.000 euros en liquide ont été retrouvés chez les intéressés qui déclarent un bénéfice net de 30.000 euros sur l’année. Une de leurs travailleuses présumées aurait annoncé avoir rapporté à ses « patrons » la somme de 1.200 euros en quatre jours de travail. « Une exploitation humaine », a dénoncé le parquet de Saint-Denis requérant de lourdes peines contre le couple qui vit exclusivement des aides de la Caisse d’allocations familiales à hauteur de 1600 euros par mois, selon leurs dires.

Les arguments d'Allan Rougemont se sont avérés parfois croustillants. Le trentenaire a expliqué garder des milliers d'euros en espèces sous son matelas provenant d'une indemnisation attribuée à son père dans le cadre de l'affaire du sang contaminé. Quant à sa compagne qui n'a cessé de pleurer face au tribunal, cette dernière a reconnu avoir publié des annonces et commandé quelques billets d'avion sous la menace de son conjoint qui, par ailleurs, lui aurait fait subir des violences conjugales.

Le mari et la femme ont respectivement écopé de 6 et 3 ans de prison ferme ainsi que d'une amende de 25.000 euros. Tous deux ont été reconduits à la prison de Domenjod. L'avocat d'Allan Rougemont, Me Jean-Christophe Molière, dénonce "des investigations partielles et les carences de l'enquête". Selon nos informations, le conseil a interjeté appel.

Etiquettes : Proxénétisme

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