Tribune libre d'Emmanuel Doulouma : ?La crise du coronavirus s'invite dans le de?bat des municipales

Alors que le 15 mars s'approche à grands pas, le coronavirus poursuit sa route et la planète entière se prépare à faire face à une pandémie. A la Réunion, des voix s'élèvent pour réclamer la mise en place de mesures sanitaires drastiques.
Mais est-ce là la seule question à se poser ? Nous avons tous vu l'état des rayons dans les supermarchés lors de la crise des gilets jaunes ou de la grève des dockers : vides !
Nous importons quasiment tout ce dont nous avons besoin, quel que soit le bien de consommation, et particulièrement de Chine. Pas facile de trouver un vêtement, un jouet pour enfant, un objet high tech qui ne soit pas estampillé « made in RPC » (République Populaire de Chine). Ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre cette nation, c'est l'ultra mondialisation qui me préoccupe !
Aujourd'hui nous subissons le coronavirus et les échanges commerciaux avec l'Asie sont en baisse, mais demain ce sera la hausse drastique du pétrole et donc du coût du transport. Certes dans ce cas vous trouverez toujours les produits dans les étalages mais à quel prix ?
Alors je pense que cette crise devrait nous faire réfléchir sur nos modes de consommation et d'approvisionnement.
Nous devons soutenir les productions locales, mais bien les choisir.
Evitons les erreurs du passé : il s'agit bien ici de soutenir et d’encourager des modes de production durables et respectueux de l’environnement (agro écologie, permaculture, petits élevages).
Luttons efficacement contre le gaspillage alimentaire. Ainsi nous pourrons tendre vers cette autonomie dont nous avons tant besoin : l’autonomie alimentaire.
En ce qui concerne l'énergie, c'est le même principe : développons les énergies renouvelables, sevrons nous de cette dépendance au charbon et au fuel lourd (60% de notre production électrique) mais entamons aussi un véritable chantier de sobriété énergétique : rénovation du bâti, constructions à énergie positive, et bien sûr apprenons ensemble à moins consommer (formations, campagnes de sensibilisation dans les écoles, les services municipaux, les entreprises).
Nous devons repenser notre société dans sa globalité, et cela passe par une vision nouvelle de l'urbanisme. Il est plus que jamais temps d’ancrer notre territoire dans le 21ème siècle pour qu’il puisse subvenir aux besoins de sa population.
Cette crise du coronavirus, bien que dramatique, doit nous permettre de prendre conscience des limites de notre société actuelle qui est basée sur l'ultramondialisation et l'ultraconsommation.
En attendant, ce sont pour une fois les animaux sauvages qui ont pris leur revanche puisque désormais leur consommation est interdite en Chine.
Obtenir des réponses et des garanties de la part de monsieur le Préfet et l’A.R.S sont un début, à nous citoyens et futurs élus de construire une société plus résiliente.


