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Tribune de Frédérique Welmant : Créateurs engagés ou l'écologie au coeur de l'art réunionnais

Ecrit par Frédérique Welmant – le dimanche 13 avril 2025 à 10H44

Avez-vous déjà entendu parler de l’art écologique, cet art qui transforme les déchets en œuvres pour dénoncer les ravages de notre société de consommation ? Des artistes réunionnais créent des œuvres qui nous interpellent. 

Nous pouvons citer les engagements écologiques des plus connus comme Jace, avec son personnage Gouzou, qui utilise le street art pour dénoncer les incendies et la fragilité des écosystèmes locaux. Terry Rossberg transforme des déchets comme le bois flotté en sculptures, donnant une seconde vie aux matériaux rejetés par la nature. Kako allie art et reboisement avec son projet « Piédbwa » en créant des œuvres végétales qui rappellent l’importance de préserver la biodiversité endémique. Enfin, Georges Dijoux, sculpteur réunionnais, plus connu sous le pseudonyme Digema, est connu pour ses œuvres réalisées à partir de matériaux recyclés, intégrant une démarche écologique et artistique. 

Ainsi leurs œuvres reflètent leur engagement envers la durabilité et la sensibilisation à la protection de l’environnement. Ces créations ne sont pas juste belles : elles nous montrent l’ampleur de la crise écologique et nous poussent à réfléchir.

Prenons le plastique, par exemple. Ce matériau, qu’on utilise partout, met plus de 500 ans à se décomposer. Il s’accumule dans la nature, formant un immense « septième continent » dans l’océan Pacifique, où des millions d’animaux marins meurent chaque année. Et ce n’est pas tout : les toxines présentes dans le plastique finissent par contaminer toute la chaîne alimentaire, y compris nous, les humains. 

Des solutions existent, mais elles peinent à se développer

Heureusement, des alternatives commencent à apparaître. On voit émerger des matériaux biosourcés comme les fibres de chanvre ou des baskets fabriquées à partir d’algues. À La Réunion, des initiatives locales utilisent des plantes comme le bananier ou le palmier pour créer des emballages biodégradables. On parle aussi d’exploiter certaines espèces envahissantes pour développer une économie plus respectueuse de l’environnement.

Mais ces innovations restent marginales. Pourquoi ? Parce que notre économie est encore trop centrée sur le profit rapide. 

Les entreprises qui polluent investissent des millions pour influencer les lois et ralentir le changement. 

Pendant ce temps, les grandes conférences sur le climat, comme la COP28, peinent à tenir leurs promesses : seulement 12 % des engagements sont réellement alignés sur les objectifs fixés par l’Accord de Paris.

Une injustice écologique et sociale dénoncée par nos artistes

Cette situation crée une injustice flagrante. Les activistes qui défendent la planète, comme Paul Watson ou Greenpeace, sont souvent condamnés sévèrement, alors que les industriels responsables de la pollution continuent leurs activités sans être inquiétés. Pourtant, des voix importantes comme Nicolas Hulot ou Cyril Dion nous rappellent que protéger la nature n’est pas une option : c’est une nécessité absolue.

L’art comme outil de sensibilisation

Là où les discours politiques échouent souvent, l’art écologique réussit à toucher les consciences. En transformant les déchets en œuvres puissantes et symboliques, il montre à quel point notre planète est en danger tout en célébrant la beauté du vivant. C’est un appel à agir avant qu’il ne soit trop tard.

Alors, sommes-nous prêts à faire face aux défis écologiques et à réinventer notre façon de vivre en adoptant des petits gestes simples tels que :

-Réduire les emballages jetables en privilégiant les sacs réutilisables et les contenants en verre lors des achats, notamment sur les marchés locaux ;

-respecter les aires de pique-nique et les sentiers en ramenant nos détritus, même les mégots de cigarettes ; 

-Installer un récupérateur d’eau de pluie pour limiter la consommation d’eau potable, une pratique ancestrale adaptée au climat tropical de l’île ;

-Adopter la consigne des bocaux en verre avec des initiatives comme Réutiliz, évitant ainsi des centaines de tonnes de déchets par an ;

-Soutenir les producteurs locaux en achetant des fruits et légumes de saison aux marchés forains ou/et en achetant des paniers bio ;

En conclusion, comme on dit ; « la langu’ na poin le zos » et parler sans agir ne sert à rien. L’art est là pour nous le rappeler. 

Qu’en pensez-vous ?

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