Surpopulation carcérale à Domenjod : des mules renvoyées en Guadeloupe et jugées à distance

Alors que le quartier des femmes est saturé par les mules, deux jeunes convoyeuses de cocaïne arrêtées à Gillot en septembre ont été transférées à la prison de Baie-Mahault en Guadeloupe avant même leur jugement.
C’est peut-être l’une des solutions trouvées par l’administration judiciaire pour endiguer les effets du phénomène de surpopulation carcérale qui touche le centre pénitentiaire de Domenjod.
Alors qu’elles attendaient en détention provisoire leur passage devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis, deux jeunes Guadeloupéennes arrêtées en septembre dernier à Gillot en possession de cocaïne ont été transférées la semaine dernière vers leur île d’origine avant même d’être jugées.
Débats en visio-conférence
Arrivées lundi dernier au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, c’est donc par visio-conférence depuis leur nouvelle prison qu’elles ont comparu vendredi 14 novembre à l’audience.
Le 22 septembre dernier, les deux jeunes femmes de 19 ans avaient débarqué à Gillot en provenance de Pointe-à-Pitre après une journée d’escale à Orly, et avaient attiré l’attention des douaniers. L’une était porteuse de 278 g de cocaïne « in corpore », l’autre de 319 g de la même substance cachés dans les semelles de ses baskets. Une marchandise dont la valeur est estimée entre 60 et 90.000 euros à la revente sur le marché réunionnais.
Les deux mules, de condition modeste, vont reconnaître avoir été recrutées en Guadeloupe pour transporter la marchandise jusqu’à La Réunion via Paris, en échange de 3.000 euros.
Un transfèrement couteux
Condamnées à deux ans de prison ferme, cinq ans d’interdiction de séjour à La Réunion et 5.000 euros d’amende, les deux jeunes femmes vont donc purger leur peine dans un autre établissement pénitentiaire où, avouent-elles, « les conditions sont plus difficiles ». Pourtant, le quartier des femmes de Domenjod est plus que saturé, avec près de 70 détenues pour 28 places théoriques.
Pas sûr cependant que ce type de transfèrement devienne systématique dans ces affaires de mules. Selon nos informations, ce transport de détenues accompagnées d’une escorte aura coûté près de 20.000 euros à l’administration pénitentiaire.
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