Sur fond d'épidémie d'Ebola, la COI veut renforcer la surveillance sanitaire aux frontières

Comment mieux prévenir l'arrivée d'une épidémie sur un territoire insulaire ? C'est la question au cœur d'un atelier régional organisé cette semaine à Maurice par la Commission de l'océan Indien (COI). Les représentants des cinq États membres ont travaillé sur le renforcement de la surveillance sanitaire dans les ports et les aéroports, considérés comme les premières lignes de défense face aux menaces émergentes.
Du 22 au 25 juin, la Commission de l'océan Indien (COI) a réuni à Maurice les représentants des Comores, de Madagascar, de Maurice, des Seychelles et de La Réunion pour un atelier consacré au renforcement des capacités aux points d'entrée des territoires.
Organisée à travers le réseau SEGA – One Health, cette rencontre a rassemblé les responsables de la surveillance aux frontières, les points focaux du Règlement sanitaire international (RSI) et des experts régionaux afin de partager leurs expériences, leurs bonnes pratiques et les difficultés rencontrées dans les ports et les aéroports de la région.
Mieux anticiper les prochaines crises
Pour les États insulaires de l'océan Indien, les points d'entrée constituent un maillon essentiel de la sécurité sanitaire. "Pour nos îles, les ports et les aéroports sont nos seules portes d'entrée et de sortie. C'est là que se joue une partie essentielle de notre capacité collective à prévenir, détecter et répondre aux menaces sanitaires", rappelle le secrétaire général de la COI, le Dr Ibrahim Norbert Richard. Selon lui, la rencontre a permis de conforter une ambition commune : "renforcer davantage la coordination régionale et poursuivre les efforts engagés pour harmoniser les approches de surveillance aux points d'entrée".
Si les travaux se sont déroulés dans un contexte marqué par l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, les participants ont rappelé que cette coopération vise plus largement à préparer les territoires à toutes les menaces sanitaires émergentes.
Les délégations ont présenté les dispositifs déjà déployés dans leurs pays et identifié plusieurs priorités communes : exercices de simulation associant autorités sanitaires, douanières et aéroportuaires, modernisation des équipements de détection et de protection, formation continue des équipes de terrain et renforcement de la surveillance des voyageurs après leur entrée sur le territoire.
Une visite technique de l'aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, du port de Port-Louis et du Communicable Disease Control Unit (CDCU) de Beau-Bassin a également permis aux participants d'observer les dispositifs mauriciens de contrôle sanitaire.
Un réseau régional soutenu par l'AFD
Ces actions sont menées dans le cadre du projet Sécurité sanitaire en Indopacifique (SSIP), porté par la COI avec le soutien de l'Agence française de développement (AFD), qui y consacre un financement de 6,5 millions d'euros.
Pour Laëtitia Habchi, directrice de l'agence de l'AFD pour Maurice et les Seychelles, "les points d'entrée occupent une place stratégique". Leur capacité "à détecter précocement les risques sanitaires, à déclencher l'alerte et à mettre en œuvre les mesures appropriées contribue directement à la protection des populations et à la limitation de la propagation des maladies".
Elle souligne également que "l'une des forces du projet SSIP réside dans son approche intégrée et régionale", qui favorise le partage d'expertise, le renforcement des compétences et des réponses coordonnées entre les îles de l'océan Indien.
À travers le réseau SEGA – One Health, la Commission de l'océan Indien entend poursuivre le développement d'une surveillance sanitaire commune afin de mieux anticiper les futures crises épidémiques et de renforcer la résilience des territoires insulaires.


