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Strange days

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 3 mai 2012 à 14H53

- Un moment donné, il faut arrêter avec ça !
Il prêche dans le désert, celui qui s’aperçoit tout à coup que la vie n’est pas juste. Disant la phrase passe-partout, il sait qu’il n’aura pas grand monde pour le contredire. Ceux qui l’écoutent seront entièrement d’accord pour voir que son parcours est jalonné d’insuccès. Malheureusement, il n’est pas un cas isolé. Nous sommes tous concernés par la sottise humaine.

Quand sa raison oscille entre tout et son contraire, les droits et les devoirs. Il aimerait freiner des quatre fers, mais tout petit la planète, pas faire de vagues. Personne ne l’écoute dans cette cacophonie planétaire. Le grand n’importe quoi continue inexorablement sa route, rien ne change dans le sens souhaité et en prime il aura le pire. Les scandales politiques n’ont jamais autant continués que lorsqu’au début des affaires, les rois de la magouille, pris les doigts dans le pot de confiture, disent qu’il faut à un moment donné, arrêter avec ça !

Je ressens moi aussi le malaise et je n’aime pas du tout ce genre d’humour. Ça ne me fait pas rire. J’ai une toute autre vision de la vie sur Terre.
J’ai besoin de rendre des comptes. L’envie de m’exprimer, quand je suis témoin d’une situation anormale. C’est toujours déprimant et frustrant de rester impuissant devant un comportement irresponsable et violent.
Si j’en avais la possibilité, j’interdirais les vacances de luxe aux salariés aisés. Vous voyez lesquels ?
- Ceux qui se la jouent à épater tout le monde !
Il faut faire un tri sélectif, afin d’empêcher les imbéciles heureux de propager dans les pays lointains, le virus destructeur de cohésion sociale. Les tarés de jet-ski. Ils pourrissent la vie du pêcheur à la gaulette au milieu du lagon.
Des pauvres types de touristes, surexcités, qui à tombeau ouvert, dans un bruit d’enfer, polluent l’existence de la population, parce que l’essence n’est pas chère et ils ramènent leur grande gueule avec arrogance, dédain, fatuité, orgueil et prétention de vous faire la morale.

Ne réserver le grand standing qu’aux riches, mais riches en dedans. L’honneur de la Nation d’origine est en jeu.
De passage dans le pays d’accueil, je suis témoin d’une scène d’insultes, des insanités commises à une heure d’influence, dans le transport en commun par un concitoyen. Des saloperies balancées, hurlées envers les habitants d’une île de rêve. J’avais du mal à croire ce que je voyais, un cauchemar d’entendre cette tête à claques. Spontanément en pareil cas, pas fier de ma nationalité, pour que mon entourage immédiat m’entende, reniant pour un instant mes origines, je me suis défendu d’être Français.
De toutes les façons, les pauvres ouvriers sont interdits de vacances. Ce n’est pas pour eux. Ils n’ont pas l’argent pour ça. Prolo, t’es de la revue, niet !

Par moments, j’aimerai bien mettre les pauvres à la place des autres. Je verrai ce renversement de situation d’un œil plus revanchard.
Pas besoin d’argent pour avoir la classe. Le bon sens, les beaux gestes appris dans les foyers modestes. Ces bonnes manières acquises sont encore plus belles quand elles sont exportées.
Au-delà des apparences, les vrais riches du dedans peuvent voyager à leur gré. La grandeur modeste, ils mettront leur richesse intellectuelle à disposition pour honorer les manières d’humilité, mère de toutes les vertus.
Défendre les causes perdues, il n’y a rien de plus beau. Mais quand la raison craque, il n’y a rien de plus triste qu’un clown qui pleure.
Je peux manger quelques petits fruits de la passion, j’en ai ! Servis frais, coupés en deux dans l’assiette à dessert. Un délice que je déguste à la petite cuillère. Je n’en aurais pas, je gueulerais… et là, c’est à peine si j’en veux…

- Sais-tu au moins ce que tu cherches… Bonne journée ! Me dit-on sèchement.
C’en est trop. Parler sur ce ton, gâche mon plaisir !
Décidément, c’est une obsession :
- Bonne journée !
Me dit mon banquier se soustrayant de ses obligations. Il vient de me refuser une avance, un prêt de rien du tout remboursable à cours terme sans puiser dans mon patrimoine.
Encore une insulte supplémentaire, cette formule de politesse s’utilise quand on quitte quelqu’un et non pas quand on pousse le client encombrant vers la porte de sortie.
C’est à lui qu’il faut dire ça ! Je lui renvoie la balle, je lui retourne le compliment. Vu la tronche qu’il tire, j’en déduis que son boulot ne doit pas être folichon. Toutes réflexions faites, je n’en ai pas besoin de son pognon.
Dans la connerie et la candeur, j’ai déjà donné !
Encore une journée d’foutue.

Gilles Bayet

 

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