Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Stop aux abus au Parc national de la Réunion !

Par [email protected] Espèce en voie d'extermination.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 9 juin 2010 à 16H35

Aucune image à la une trouvée pour cet article.

Alors qu'en Métropole l'on s'émeut des logements de fonction détournés au plus au niveau de l'État, en pleine période de récession, ici à La Réunion, le Conseil d'administration du parc national (sous couvert du Préfet s'il vous plait), a régularisé sans complexe aucun pour son directeur, l'attribution d'une grande maison de fonction dans le chic quartier de Bellepierre à Saint-Denis, pour la modique somme de 2.300 euros, dont plus de 1.500 payés par l'établissement.

Dans le même temps, une indemnité de logement pour le petit agent de terrain qui crapahute en forêt est refusé, parce qu'il ne remplit pas les conditions. Il est permis de se poser la question de savoir si, au vu des fumeuses utilités de services avancées, le directeur remplissait bien les fameuses conditions? Seul le tribunal administratif nous le dira.

Dans la nuit du 4 août 1789 la Convention se réunissait. Le Duc d'Aiguillon, aristocrate le plus riche en propriétés après le roi prononce ces mots : "qu'il soit arrêté que tous les corps, communautés et individus qui ont joui jusqu'à présent de privilèges particuliers, d'exemptions personnelles supportent, à l'avenir, tous les subsides, toutes les charges publiques, sans aucune distinction".

Le lendemain le Journal officiel dressa le bilan en ses termes : "Abolition de tous les privilèges et immunités pécuniaires, ainsi que des droits qui entrainent la servitude des personnes, égalité des impôts de quelque espèce que se soit, admission de tous les citoyens aux emplois civils, déclaration de l'établissement prochain d'une justice gratuite, destruction des pensions obtenues sans titre et des traitements accordés par favoritisme de cours".

Ces extraits ne rendent pas compte du contexte de l'époque, mais vous n'êtes pas sans connaître que ces mots ont été prononcés au moment de la Révolution Française. A bien y réfléchir, il aurait été permis de penser, en 2010 à La Réunion, que le Conseil d'administration du Parc, soit 88 personnes, dans une île sinistrée sur le plan économique et social, aurait eu un regain de lucidité sur cette question ? Que 18 absentions. Donc 18 voix pour rien.

A l'heure où des milliers de réunionnais sont au chômage et ont du mal à se loger, pendant que d'autres sont dans la peur du lendemain ici dans notre île, face à une situation financière du pays que l'on dit des plus inquiétantes, croyez-vous que le directeur du Parc national, catégorie déjà très choyée de haut fonctionnaire, aurait renoncé à ce privilège qu'il réclame? Nous tendons l’oreille, nous écoutons et nous n’entendons rien. Pas l’esquisse d’une proposition allant dans ce sens.

Que l'on nous traite de démago, certains n'hésiteront pas le faire, que l'on nous dise encore "la di la fé", l'argument est un peu court. A entendre certains, plus ringard que notre discours, il n’y a que le calendrier des Postes. Ce que nous voyons nous dans notre syndicat, c'est que la prise en charge par le Parc national de La Réunion du logement de fonction de son directeur, soit plus de 18.000 euros par an, aurait permis de sortir au moins une personne du chômage.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :